Pilier du programme NextGenerationEU, la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) expirera le 31 décembre 2026. Fin août 2026, un peu plus des trois quarts de l'enveloppe totale avaient été décaissés (EUR 440 mds sur EUR 573 mds). L’allocation du dernier quart (EUR 133 mds) d’ici la fin de l’année implique un net accroissement des versements par rapport à sa tendance historique (EUR 90 mds par an). L’objectif de canaliser ces fonds vers l’investissement productif semble atteint.
Des résultats tangibles sur l’investissement en Europe Selon Eurostat, les dépenses publiques cofinancées par la FRR ont représenté EUR 310 mds entre 2020 et 2025. Près des trois quarts (74%) étaient des dépenses en capital, dont EUR 106 mds d’investissement public direct et EUR 122 mds de transferts en capital vers le secteur privé (subventions, par exemple). Ces dépenses sont venues soutenir l'investissement des entreprises et des ménages.
La liste des principaux programmes financés par la RFF, publiée par la Commission européenne[1] , montre que, sur le périmètre disponible, près des deux tiers des financements sont allés aux transports (surtout dans le ferroviaire), aux infrastructures énergétiques et au numérique (cf . graphique 1 ).
Autre point notable : les dépenses en capital cofinancées par la FRR ont sensiblement augmenté pour atteindre 0,4% du PIB pour l'ensemble de l'Union européenne en 2025 (cf. graphique 2). Les écarts entre États membres sont importants en raison essentiellement des différences entre les montants alloués à ces derniers. La Croatie (1,9%), la Grèce (1,2%), l’Italie (1%) et l’Espagne (0,7%) ont reçu un soutien significatif contrairement à la France et l’Allemagne (0,1%). Ces chiffres corroborent ceux du FMI qui estime que la FRR a ajouté environ 0,3 point à la croissance de l'UE en 2025 (plus d'un point en Grèce et en Croatie, autour de 0,8 pp en Italie et 0,5 pp en Espagne)[2] . En outre, en tant que premier emprunt européen commun d'ampleur, la FRR aura permis de financer l'investissement sans alourdir les déficits budgétaires nationaux, offrant à plusieurs pays (Espagne, Italie, Grèce, Portugal) une marge précieuse pour consolider leurs comptes publics.
Les dépenses d’infrastructure concentrent la majorité des financements
Les dépenses d’investissement liées à la FRR sont allées croissant