Graphiques de la semaine

Next Generation EU : le programme touche à sa fin mais ses effets sur l'activité perdureront

23/09/2026
PDF

Pilier du programme NextGenerationEU, la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) expirera le 31 décembre 2026. Fin août 2026, un peu plus des trois quarts de l'enveloppe totale avaient été décaissés (EUR 440 mds sur EUR 573 mds). L’allocation du dernier quart (EUR 133 mds) d’ici la fin de l’année implique un net accroissement des versements par rapport à sa tendance historique (EUR 90 mds par an). L’objectif de canaliser ces fonds vers l’investissement productif semble atteint.

Des résultats tangibles sur l’investissement en Europe

Selon Eurostat, les dépenses publiques cofinancées par la FRR ont représenté EUR 310 mds entre 2020 et 2025. Près des trois quarts (74%) étaient des dépenses en capital, dont EUR 106 mds d’investissement public direct et EUR 122 mds de transferts en capital vers le secteur privé (subventions, par exemple). Ces dépenses sont venues soutenir l'investissement des entreprises et des ménages.

La liste des principaux programmes financés par la RFF, publiée par la Commission européenne[1], montre que, sur le périmètre disponible, près des deux tiers des financements sont allés aux transports (surtout dans le ferroviaire), aux infrastructures énergétiques et au numérique (cf. graphique 1).

Autre point notable : les dépenses en capital cofinancées par la FRR ont sensiblement augmenté pour atteindre 0,4% du PIB pour l'ensemble de l'Union européenne en 2025 (cf. graphique 2). Les écarts entre États membres sont importants en raison essentiellement des différences entre les montants alloués à ces derniers. La Croatie (1,9%), la Grèce (1,2%), l’Italie (1%) et l’Espagne (0,7%) ont reçu un soutien significatif contrairement à la France et l’Allemagne (0,1%). Ces chiffres corroborent ceux du FMI qui estime que la FRR a ajouté environ 0,3 point à la croissance de l'UE en 2025 (plus d'un point en Grèce et en Croatie, autour de 0,8 pp en Italie et 0,5 pp en Espagne)[2]. En outre, en tant que premier emprunt européen commun d'ampleur, la FRR aura permis de financer l'investissement sans alourdir les déficits budgétaires nationaux, offrant à plusieurs pays (Espagne, Italie, Grèce, Portugal) une marge précieuse pour consolider leurs comptes publics.

Les dépenses d’infrastructure concentrent la majorité des financements

Note : les chiffres entre parenthèses indiquent la part de chaque secteur dans le total des fonds alloués aux 100 plus grands projets par pays
(total de EUR 174,1 mds, données au 31 août 2026).

GRAPHIQUE 1 Sources : Commission européenne, Recovery and Resilience Scorecard

Les dépenses d’investissement liées à la FRR sont allées croissant

GRAPHIQUE 2 Sources : Commission européenne, Recovery and Resilience Scorecard, BNP Paribas

À quoi doit-on s’attendre à l’expiration de ce programme européen sur l’activité dans l’UE ?

A priori ces effets seront limités. L’arrêt du programme devrait, certes, affecter l'investissement public et privé. Néanmoins, le raffermissement de l'activité que nous anticipons (le détail dans notre prochain EcoPerspectives) repose essentiellement sur les programmes d'investissement publics allemands et sur des moteurs structurels (investissement dans l'IA, effort de défense).

La BCE ne dit pas autre chose dans ses projections macroéconomiques de septembre[3]. Elle souligne que la fin de la FRR devrait peser sur l’investissement public en 2027, mais qu’elle s’attend à une accélération de l'investissement des entreprises. Par ailleurs, l'absorption de la FRR sur le terrain est très progressive. Comme ses versements ont été en grande partie réalisés en fin de programme, les effets de la FRR se prolongeront au-delà de 2026.

[1] Recovery and Resilience Scoreboard

[1] The EU’s Recovery and Resilience Facility: Experience and Lessons for the Next Multiannual Financial Framework, WP/26/114, June 2026

[1] ECB staff macroeconomic projections for the euro area, September 2026

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE