Perspectives

Une économie résistante au double choc qu’elle a subi

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Eco Perspectives // 4 trimestre 2020 (achevé de rédiger le 30 septembre 2020)  
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NORVÈGE  
UNE ÉCONOMIE RÉSISTANTE AU DOUBLE CHOC QU’ELLE A SUBI  
La Norvège a non seulement été affectée par la pandémie de Covid-19 mais elle a aussi dû faire face à une forte chute  
des prix de son principal produit d’exportation : le pétrole. Néanmoins, ce double choc a été largement amorti, du fait  
notamment de la structure de l’économie norvégienne et de la réponse des autorités. Le pays se situe désormais parmi  
les mieux positionnés pour sortir de la crise. De fait, l’économie norvégienne montre déjà des signes concrets de reprise.  
Depuis le début de l’année, la Norvège a subi deux chocs majeurs  
sur son économie. Elle a, tout d’abord, été affectée par la pandémie  
de Covid-19, même si les mesures de restriction mises en place par  
le gouvernement ont permis de contenir la progression du virus. La  
Norvège présente ainsi aujourd’hui des taux de contamination et de  
mortalité parmi les plus bas d’Europe.  
CROISSANCE ET INFLATION (%)  
Croissance du PIB  
Inflation  
Prévisions  
Prévisions  
5
4
4
3
3
.0  
.5  
.0  
.5  
.0  
Ensuite, la Norvège a pâti de la forte chute des prix du pétrole. Entre le  
3.0  
3.0  
2
.3  
3
1 décembre 2019 et le 21 avril 2020, le prix du Brent a diminué de plus  
2.5  
1.5  
1
.3  
1.2  
2.0  
1.5  
1.0  
0.5  
de 70%, entraînant dans sa chute le cours de la couronne norvégienne.  
Les prix du pétrole ont rebondi depuis et le cours du Brent a doublé,  
mais il reste 40% inférieur à son niveau du début de l’année.  
0.3  
0.0  
0.5  
1.0  
1.5  
2.0  
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6.0  
6.5  
7.0  
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LES CONSÉQUENCES POUR L’ÉCONOMIE  
Sur l’ensemble du premier semestre, le PIB de l’économie norvégienne  
a chuté de près de 7% et celui de l’économie mainland (hors secteur  
pétrolier) de plus de 8%, soit autant que le PIB de la Suède, où les  
mesures de restriction ont été beaucoup plus souples.  
-5.5  
2018  
2019  
2020  
2021  
2018  
2019  
2020  
2021  
GRAPHIQUE 1  
SOURCES : COMMISSION EUROPÉENNE, BNP PARIBAS  
Comme ailleurs, les autorités fiscales et monétaires sont vite venues au  
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secours de l’économie . De fait, pour la première fois depuis le milieu  
de la Norvège aura retrouvé son niveau d’avant la crise avant la fin  
des années 1990, le solde des administrations publiques a enregistré un  
déficit. Au second trimestre, celui-ci était de NOK 64 mds, soit environ  
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de l’année prochaine , soit plus tôt que la plupart des autres pays  
européens.  
8
% du PIB. Les déficits sont rares car le gouvernement peut compter  
Par ailleurs, la Norges Bank a déjà adopté un ton moins accommodant  
lors de sa dernière réunion. La dépréciation de la couronne, qui a  
accompagné la chute des prix du pétrole, fait craindre des pressions à  
la hausse sur l’inflation. La SSB prévoit un taux d’inflation (CPI) de 1,5%  
cette année et un taux d’inflation sous-jacente (CPI-ATE) de 3,1%. C’est  
certainement avec cela en tête que la Norges Bank anticipe déjà des  
sur les revenus du secteur pétrolier, qui sont rassemblés depuis 1990  
dans le Fonds pétrolier (Government Pension Fund-Global, GPFG).  
L’utilisationdecesrevenusestcependantencadrée . Ainsi, lestransferts  
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en faveur du gouvernement (le déficit public structurel du secteur non  
pétrolier) doivent suivre dans la durée le retour réel du fonds, qui est  
estimé à 3%. Néanmoins, cela permet une certaine flexibilité car les  
dépassements peuvent être compensés dans le temps. De plus, une  
importance particulière est accordée à l’équilibrage des fluctuations  
économiques pour contribuer à une bonne utilisation des capacités et à  
un faible taux de chômage. Ainsi, même si le déficit structurel dépasse  
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hausses de taux d’intérêt dans les prochaines années , ce qu’aucune  
autre banque centrale majeure ne prévoit pour le moment.  
3
% cette année, les règles fiscales seront respectées.  
De son côté, la Banque centrale norvégienne (Norges Bank) disposait  
d’une large marge de manœuvre comparé à la Riksbank suédoise ou à  
la Banque centrale européenne par exemple. Elle a ainsi pu assouplir  
considérablement sa politique monétaire en ramenant son taux de  
base de 1,50% à 0%, son plus bas historique.  
DES SIGNES D’AMÉLIORATION  
Du fait de la levée des mesures de restrictions et des mesures fiscales  
et monétaires, l’économie est logiquement repartie à la hausse ces  
derniers mois. Le PIB a rebondi en mai et a continué d’augmenter en  
juin et juillet. Au total, la moitié de la baisse enregistrée entre février  
et avril a été rattrapée. De plus, le Bureau central de statistiques de  
Norvège (SSB) se montre relativement optimiste. Il estime que le PIB  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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