Perspectives

Des signaux contrastés

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Eco Perspectives // 3 trimestre 2021  
economic-research.bnpparibas.com  
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GRÈCE  
DES SIGNAUX CONTRASTÉS  
Surleplanéconomique,lepaysafaitpreuvederésistance,avecunereprised’activitéjusqu’auT12021comparativement  
plus rapide que dans la plupart des autres pays de la zone euro. Le rebond, très significatif, des exportations (biens)  
en est le principal moteur. La propagation du variant Delta en Europe constitue un risque pour l’activité touristique,  
dont le redémarrage est crucial pour soutenir la croissance et l’emploi dans les mois à venir. En effet, la dynamique  
sur le marché du travail reste fragile. Le taux de chômage est remonté au T1 (16,3%), tandis que le nombre de  
travailleurs inactifs a bondi, en partie sous l’effet de la hausse du nombre de travailleurs au chômage partiel. Créer  
de l’emploi et réduire le taux de chômage reste le défi majeur du pays, qui devrait continuer néanmoins à bénéficier  
dans le court et moyen terme de conditions de financement favorables, grâce notamment à l’appui de la BCE.  
Avec un écart de PIB réel à combler de 2,3% à la fin du premier trimestre  
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021 par rapport au T4 2019, l’économie grecque s’est redressée  
CROISSANCE ET INFLATION  
comparativement plus rapidement que la plupart des autres pays de  
la zone euro. En effet, l’écart à combler au sein de l’union monétaire  
est deux fois supérieur (4,7%). Tandis que certaines composantes de  
la demande (consommation privée et investissement) sont restées  
fragiles, les exportations de biens ont bondi vigoureusement et n’ont,  
au final, que très faiblement souffert de la crise du coronavirus. Après  
une chute au T2 2020, somme toute modeste (-3,3% t/t) au vu du  
contexte économique mondial à cette période, les exportations de  
biens en volume ont progressé par la suite de près de 12%. Elles ont  
désormais très largement dépassé leur niveau précédant l’arrivée de la  
pandémie. Les importations ont chuté beaucoup plus fortement durant  
la pandémie et accusent toujours un retard important. Les exportations  
nettes ont, par conséquent, contribué de façon très positive à la  
croissance du PIB grec.  
Croissance du PIB  
Prévisions 6.0  
.1  
Inflation  
Prévisions  
4
5.0  
3.0  
1.6  
0
.6  
0.3  
1
.0  
-
-
-
-
1.0  
3.0  
5.0  
7.0  
-
0.2  
-
1.2  
-9.0  
-7.8  
-11.0  
2019  
2020  
2021  
2022  
2019  
2020  
2021  
2022  
L’ampleur de la reprise dans le secteur touristique – qui représente  
près de 20% du PIB national – sera désormais le facteur essentiel  
de stimulation de la croissance et de l’emploi dans les mois à venir.  
En effet, le marché du travail s’est affaibli au T1. Le taux de chômage  
s’est accentué, atteignant 16,3%, et le nombre d’inactifs a enregistré  
un bond spectaculaire. Une bonne partie de cette hausse résulte de  
l’augmentation du nombre de travailleurs placés en chômage partiel  
au début de cette année en réponse à la résurgence de l’épidémie de  
Covid-19. Même si nombre de ces travailleurs devraient retrouver un  
emploi, l’ampleur de cette reprise reste incertaine et devra être suivie  
de près dans les mois à venir.  
GRAPHIQUE 1  
SOURCE : COMMISSION EUROPÉENNE  
titres de dette publique grecs, une opération qui est exclue du  
programme de rachat d’actifs traditionnel (Public Sector Purchasing  
Program) en place depuis 2015. Les prêts non performants (ou NPL)  
ont, quant à eux, poursuivi leur déclin malgré la pandémie, pour  
s’établir à 27,0% de l’encours des prêts des banques grecques à la fin  
LA FAIBLE INFLATION LIMITE LA REMONTÉE DES TAUX 2020 (source : FMI).  
La Grèce, dont le plan de relance national a été approuvé à la mi-  
SOUVERAINS  
juin par la Commission européenne, a par ailleurs vu les subventions  
allouées par le fonds de relance européen (Recovery and Resilience  
Facility) réhaussées sensiblement pour 2021, passant de EUR 4 mds  
à 7,5 mds d’euros. Au total, le plan de relance national s’élevera à  
EUR 31,2 mds (18,1% du PIB en 2019) et sera réparti entre subventions  
Dans le contexte général de remontée des taux souverains observée  
au cours des derniers mois, la Grèce fait office d’exception. Les taux  
d’intérêt sur les obligations souveraines grecques, et le spread avec  
le Bund allemand notamment, ont continué de fléchir au premier  
semestre. Contrairement à la plupart des autres pays européens,  
l’inflation en Grèce est en effet restée très limitée, s’inscrivant à 0,13%  
en mai 2021, ce qui a permis de limiter les pressions à la hausse sur  
les taux souverains, notamment les taux à 10 ans qui ont touché un  
nouveau point bas en juin (0,97% le 11 juin 2021).  
(
EUR 18,4 mds) et prêts (EUR 12,7 mds).  
Achevé de rédiger le 28 juin 2021  
À moyen terme, l’appui de la Banque centrale européenne devrait  
permettre de maintenir bas les taux d’intérêt souverains et le coût  
du remboursement de la dette. Une clause dérogatoire contenue dans  
le programme d’urgence pour la pandémie – le Pandemic Emergency  
Purchase Program (PEPP) – autorise notamment la BCE à acheter des  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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