Perspectives

Plus robuste qu’attendu, mais la prochaine coalition devra faire des choix difficiles

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Eco Perspectives // 4 trimestre 2020 (achevé de rédiger le 30 septembre 2020)  
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BELGIQUE  
PLUS ROBUSTE QU’ATTENDU, MAIS LA NOUVELLE COALITION DEVRA FAIRE DES CHOIX DIFFICILES  
L’économiebelgepourraitsecontracterde7,5%cetteannée, puiscroîtrede4,6%en2012. Latenuedelaconsommation  
plaide pour une reprise dynamique mais l’investissement reste hésitant, une faiblesse que les dépenses publiques  
pourraient en partie compenser. Le pays vient de se doter d’un nouveau gouvernement seize mois après les élections.  
La nouvelle coalition devra jongler avec les mesures de soutien à court terme et le programme de réduction du déficit  
à moyen terme.  
Les chiffres du PIB portent déjà les stigmates de la pandémie de  
coronavirus, en retrait de 3,4 % au T1 2020 par rapport au T4 2019.  
L’impact du confinement ayant essentiellement été ressenti à partir  
de la fin mars seulement, le PIB du deuxième trimestre a ainsi été  
encore plus impacté, en baisse de 12,1 %. L’industrie et le BTP plongent  
d’environ 13 %, et les services de 11,5 % par rapport au T1 2020.  
CROISSANCE ET INFLATION (%)  
Croissance du PIB  
Prévisions  
Inflation  
Prévisions  
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6
4
2
0
2
4
6
8
La reprise économique devrait être partielle sur le reste de l’année,  
portée par la consommation des ménages et les mesures de relance. Le  
rebond de l’investissement sera plus tardif, avec un retour aux niveaux  
de 2019 courant 2022. Pour l’ensemble de l’économie, la progression  
trimestrielle du PIB devrait retrouver son niveau du T4 2019 fin 2022.  
4.6  
2.3  
1
.5  
1.4  
1.3  
1.5  
0.7  
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-
-
-
LA CONFIANCE DES MÉNAGES A COMMENCÉ À REBONDIR  
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7.5  
Une enquête de la Banque nationale de Belgique dénombre trois  
facteurs responsables de la chute de la consommation au début  
de l’été : les fermetures de magasins, l’ambiance délétère dans les  
commerces et la peur de la contamination. Le premier facteur a plus  
ou moins disparu avec la fin du confinement, mais le plaisir de faire  
des achats devrait continuer de pâtir des mesures de distanciation, au  
moins jusqu’à ce qu’un vaccin soit accessible au plus grand nombre. Il  
en va de même de la peur de la contamination, qui affecte directement  
la confiance.  
-10  
2018  
2019  
2020  
2021  
2018  
2019  
2020  
2021  
GRAPHIQUE 1  
SOURCES : COMPTES NATIONAUX, BNP PARIBAS FORTIS  
de 20 % par rapport à 2019, en année pleine. La faiblesse des taux  
d’utilisation des capacités, les incertitudes et les pressions sur les  
marges bénéficiaires sont principalement à blâmer.  
La confiance des ménages a commencé à rebondir en juin et en juillet,  
mais le reconfinement partiel imposé dans certaines provinces semble  
avoir pesé en août également, avec un retour au niveau du mai, qui était  
le plus faible niveau observé depuis 1993. Le taux d’épargne a proba-  
LE TAUX DE CHÔMAGE ATTEINDRAIT UN PIC  
Le nombre de salariés en chômage partiel a culminé en avril à  
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,2 million de bénéficiaires. Depuis, ce chiffre n’a cessé de décliner  
blement augmenté en raison de l’épargne contrainte accumulée durant tous les mois, avoisinant 300 000 personnes en juillet. La enquête  
le confinement. La perte de confiance des ménages pourrait « solidifier de la Banque nationale de Belgique fait en outre apparaître, de façon  
»
une partie de cette épargne au cours des prochains mois, ce qui pour- intéressante, que les entreprises anticipaient le licenciement de 20 %  
rait peser sur la consommation. Dans l’ensemble néanmoins, le pou- de leurs salariés en chômage partiel.  
voir d’achat devrait se maintenir au cours des deux prochaines années.  
Avec un total de 30 000 demandeurs d’emploi supplémentaires  
depuis le début de l’année, cette anticipation ne s’est pas jusqu’ici  
matérialisée. En fait, le chômage est revenu à son niveau de début  
L’économie a, en outre, bénéficié ces derniers mois de l’absence des  
départs en vacances : avec la décimation du tourisme international,  
les dépenses des touristes étrangers ont quasiment disparu, mais les  
Belges, empêchés de se rendre à l’étranger, ont davantage dépensé. Au  
total, le bilan a été positif pour l’économie belge dans son ensemble.  
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019, considéré à l’époque comme nettement en dessous du taux de  
chômage n’accélérant pas l’inflation (non-accelerating inflation rate of  
unemployment, NAIRU).  
À terme, le chômage partiel devrait revenir selon nous à son niveau  
IMPACT VARIABLE DE LA COVID-19 SUR LES ENTREPRISES moyen à long terme de l’ordre de 100 000 bénéficiaires d’ici le début de  
l’été prochain. Nous estimons qu’environ la moitié des 200 000 salariés  
L’impact de la Covid-19 sur les entreprises varie selon les secteurs.  
sortis du dispositif de chômage partiel perdront leur emploi. Dès lors, le  
L’enquête de la Banque nationale de Belgique révèle que, tous secteurs  
taux de chômage atteindrait un pic, avec quelque 130 000 demandeurs  
confondus, 8 % des entreprises belges estimaient fin août 2020 leur  
et demandeuses d’emploi de plus qu’au début de cette année.  
faillite probable au cours des prochains mois. Dans les secteurs de  
l’hôtellerie-restauration, de l’événementiel, des loisirs et du transport  
routier notamment, la proportion atteint un tiers. La même enquête LES RECETTES PUBLIQUES DEVRAIENT CHUTER  
montre que le nombre total d’entreprises qui s’estiment incapables de  
Les mesures mises en œuvre par le gouvernement pour soutenir  
poursuivre leur activité au-delà des trois prochains mois s’est réduit de  
l’économie vont significativement accroître le déficit budgétaire. Déjà,  
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0 % en mars à 20 % en août.  
plus de EUR 16 mds de dépenses supplémentaires ont été annoncées, la  
Belgique ayant sollicité l’aide du fonds européen SURE pour contribuer  
au financement des mesures de sauvegarde de l’emploi.  
L’investissement des entreprises, qui représente environ 70 % de la  
formation brute de capital fixe, pourrait terminer l’année en recul  
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d’un monde  
qui change  
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Eco Perspectives // 4 trimestre 2020 (achevé de rédiger le 30 septembre 2020)  
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Par ailleurs, les recettes publiques devraient chuter d’environ 15  
milliards d’euros. Au total, nous anticipons une augmentation du déficit  
primaire d’au moins EUR 40 mds, portant le déficit public à -11,7 % en  
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020.  
Le gouverneur de la Banque nationale de Belgique a récemment déclaré  
que le déficit pourrait diminuer de 6 % d’ici 2023, ce qui nécessiterait  
la mise en œuvre d’un programme budgétaire clair. Alors que le pays  
vient de se doter d’un nouveau gouvernement, près de 500 jours après  
les dernières élections, les enjeux sont importants. La première priorité  
du nouveau gouvernement pour les prochaines années sera de soutenir  
la reprise, mais à plus long terme des mesures moins populaires ne  
pourront être évitées.  
La banque  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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