Le PIB réel italien des trois dernières années est plus élevé que précédemment estimé, à la faveur de la révision générale 2024 des comptes nationaux. Cette dernière, réalisée tous les cinq ans et publiée par l’Istat le 23 septembre dernier[1], inclut le changement de base avec année de référence 2021. En conséquence, le PIB en volume dépasse enfin, même si c’est de peu, son niveau datant d’avant la crise financière de 2008 (+0,6 pp au T2 2024 par rapport au T4 2007).
L’Italie est ainsi le dernier des quatre « grands pays » de la zone euro à avoir retrouvé, très tardivement donc, ce niveau pré-crise financière. Si l’on se concentre sur les pays d’Europe du Sud (PIGS), à l’exception de la Grèce, ces niveaux avaient été retrouvés fin 2016 en Espagne et fin 2017 au Portugal.
Sur la période post-crise des dettes souveraines, c’est-à-dire à compter de 2014, le PIB réel italien progresse nettement moins vite que celui de l’Espagne et du Portugal. C’est finalement lors de la période post-Covid que l’activité a enfin décollé, avec une croissance anuelle moyenne de 4,8% entre 2021 et 2023[2], contre 3,3% pour la zone euro. Cette reprise a été portée par le rebond de la consommation privée et le dispositif d’incitation fiscale pour les travaux de rénovation énergétique des bâtiments (Superbonus), qui a largement stimulé l’investissement en construction[3].
La révision concommittante des comptes nationaux et des agrégats des finances publiques a également conduit à une légère amélioration du déficit budgétaire pour les années 2022 et 2023. Ce dernier s’établit finalement à -8,1% et -7,2% du PIB pour 2022 et 2023 (contre -8,6% et -7,4% estimés en avril dernier), ce qui reste toutefois bien loin des règles budgétaires dictées par le PSC.