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Les risques baissiers sur la croissance restent élevés

19/06/2022

L’importante contraction de la zone bleue par rapport à la zone en pointillés illustre l’ampleur du choc subi par l’économie chinoise depuis le mois de mars 2022. La résurgence de l’épidémie de Covid-19 a conduit plusieurs provinces à introduire de nouvelles restrictions à la mobilité, les confinements les plus stricts étant imposés dans des régions industrielles et portuaires majeures du pays, à Shanghai en particulier. Les restrictions ont affaibli les dépenses des ménages, interrompu l’activité des usines, gêné le transport et l’exportation de marchandises et provoqué des difficultés d’approvisionnement en Chine et à l’étranger.

Les restrictions à la mobilité ont été levées progressivement (mais pas totalement) à Shanghai et dans le reste du pays depuis le milieu ou la fin du mois de mai. La production industrielle a redémarré (+0,7% en g.a. en mai vs. -2,9% en avril et +5% en mars), portée notamment par le rebond des exportations (+16,8% en g.a. en USD vs. 3,7% en avril). La production de services, qui a été affectée plus sévèrement et plus longtemps par les mesures de confinement, s’est encore contractée en mai (-5,1% en g.a. vs. -6,1% en avril et -0,9% en mars). Les ventes au détail ont également continué à se contracter rapidement (-9% en g.a. en mai vs. -13% en avril) – seuls les achats de biens de première nécessité ont augmenté en mai (alimentation, médicaments notamment). Enfin, la croissance de l’investissement a réaccéléré en mai (+4,6% en g.a.), principalement tirée par les investissements dans les infrastructures.

La croissance économique devrait se redresser lentement dans les prochains mois. D’un côté, les politiques budgétaire et monétaire sont de plus en plus expansionnistes et, de l’autre, les risques baissiers restent importants. La situation sanitaire reste en effet incertaine et les autorités vont maintenir leur stratégie zero covid. La consommation des ménages devrait se renforcer avec grande difficulté, pas tant à cause de la montée de l’inflation (qui reste modérée) qu’en raison de la dégradation du marché du travail. Ensuite, la contraction dans le secteur immobilier se poursuit. Enfin, le ralentissement de la demande mondiale va peser sur l’activité du secteur manufacturier.

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LES ÉCONOMISTES EXPERTS AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
William DE VIJLDER
Equipe : Etudes économiques
Christine PELTIER
Equipe : Risque pays
Guillaume DERRIEN
Equipe : Economies OCDE
Félix  BERTE
Equipe : Economies OCDE