Baromètre

De bonnes ondes malgré les goulets d'étranglement

05/12/2021
FRANCE : ÉVOLUTION TRIMESTRIELLE DES INDICATEURS

Les premières indications pour le 4e trimestre rendent compte du maintien des principaux indicateurs de confiance à un bon niveau, en particulier du côté des entreprises, ainsi que de la poursuite de l’amélioration perceptible depuis plusieurs mois sur le marché du travail. Ainsi, la croissance, qui a été récemment confirmée à 3% t/t au 3e trimestre, devrait aisément atteindre 6,7% sur l’année 2021.

La croissance pourrait néanmoins ralentir, comme le suggère notre baromètre, en raison de plusieurs dynamiques. La première tient au décalage entre les carnets de commande et la capacité des entreprises à y répondre rapidement. Les carnets de commande sont très remplis depuis plusieurs mois, mais les difficultés d’approvisionnement croissent et constituent, pour 44% des entreprises dans l’industrie, le facteur prépondérant limitant leur production selon l’enquête de la Commission Européenne. Elles peinent donc à répondre à la demande, ce qui se manifeste par des stocks relativement faibles, une croissance limitée de la production industrielle et des prix à la production qui augmentent fortement (14,9% a/a en octobre 2021 contre 9% il y a trois mois). La deuxième dynamique est liée au comportement de consommation des ménages, notamment en lien avec l’accélération de l’inflation (2,8% a/a au mois de novembre) dont la source reste principalement la hausse du coût de l’énergie, mais qui commence à se transmettre à d’autres postes : les prix des produits manufacturés progressent ainsi de 0,8% a/a en novembre. Ce glissement annuel est en territoire positif depuis août, mettant fin à une baisse des prix constatée depuis près d’une décennie.

En parallèle, la consommation des ménages en biens a plutôt eu tendance à s’éroder (-0,7% sur les trois derniers mois à fin octobre, par rapport aux 3 mois antérieurs), en lien avec les pénuries dans l’industrie (baisse des nouvelles immatriculations automobiles liée notamment à la montée en puissance des véhicules électriques), mais aussi en raison de l’appétit conséquent pour l’épargne des ménages (67% considèrent opportun d’épargner, un niveau historiquement élevé).

Un relais de croissance pourrait venir de l’exportation. Celles-ci sont restées inférieures à leur niveau d’avant-Covid plus longtemps que dans les pays voisins, en raison du poids prépondérant de l’aéronautique en France. Toutefois, les exportations de biens ont dépassé pour la première fois, au mois d’août 2021, le niveau du 4e trimestre 2019 et les perspectives sont prometteuses (forte amélioration des carnets de commande à l’export dans l’aéronautique dans la dernière enquête de l’Insee dans l’industrie). Il en résulte que, pour autant qu’elle ralentisse, la croissance de l’économie française devrait se poursuivre à un rythme relativement soutenu de 0,6% t/t au 4e trimestre, pour peu que la situation sanitaire ne vienne pas (trop) ternir le panorama.

Découvrir les autres articles de la publication

Edito
Trois freins à la croissance

Trois freins à la croissance

Devant le Sénat américain, Jerome Powell a reconnu qu’il pouvait y avoir une inflation moins transitoire que ce que l’on avait pensé jusque-là, ce qui justifierait une réduction des achats d’actifs plus rapide [...]

LIRE L'ARTICLE
Baromètre
Indices PMI : les tensions sur les prix restent élevées

Indices PMI : les tensions sur les prix restent élevées

Le PMI manufacturier mondial est stable depuis août. Toutefois, sur cette période, les données des États-Unis et de la zone euro se sont affaiblies, tout en restant nettement supérieures au niveau mondial [...]

LIRE L'ARTICLE
Baromètre
Commerce international : une fin d’année toujours tendue sur le front des échanges 

Commerce international : une fin d’année toujours tendue sur le front des échanges 

Les frictions sur le commerce mondial et les chaînes d’approvisionnement resteront un facteur d’incertitude très important en 2022, en raison tout d’abord de leurs répercussions sur les prix des importations et, in fine, sur les prix à la consommation. Dans ses simulations, la CNUCED estime que la hausse des coûts du fret maritime contribuerait à une augmentation des prix des importations mondiales de 10,6% d’ici à la fin 2023 avec un effet moindre, mais non négligeable, de 1,5% sur les prix à la consommation mondiale. Les pénuries de certains composants clés, notamment les semi-conducteurs, risquent également de perdurer durant plusieurs mois encore.  

LIRE L'ARTICLE
Baromètre
Avis de gros temps

Avis de gros temps

Notre Baromètre annonce clairement du mauvais temps. La détérioration est notable dans tous les secteurs, à l’exception du bâtiment [...]

LIRE L'ARTICLE
Baromètre
Covid-19 : Un nouveau variant préoccupe le monde

Covid-19 : Un nouveau variant préoccupe le monde

Selon les dernières données de l’université Johns-Hopkins, 3,97 millions de nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés entre le 25 novembre et le 1er décembre dans le monde, soit une hausse de 3,2% par rapport à la semaine précédente [...]

LIRE L'ARTICLE
LES ÉCONOMISTES EXPERTS AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
William DE VIJLDER
Equipe : Etudes économiques
Guillaume DERRIEN
Equipe : Economies OCDE
Raymond VAN DER PUTTEN
Equipe : Economies OCDE
Hélène BAUDCHON
Equipe : Economies OCDE
Stéphane Colliac
Equipe : Economies OCDE
Tarik Rharrab
Equipe : Statistiques