Perspectives

PDF
e
23  
EcoPerspectives // 4 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Norvège  
Une croissance résistante  
L’économie norvégienne devrait afficher une croissance soutenue du PIB jusque fin 2019 grâce à la bonne tenue de l’investissement  
dans le secteur pétrolier en Norvège et à l’étranger. La croissance devrait ensuite ralentir sous l’effet d’une conjoncture internationale  
moins favorable. L’investissement dans le secteur pétrolier norvégien pourrait, par ailleurs, marquer le pas en 2020. La  
consommation des ménages devrait néanmoins continuer à croître à un rythme relativement soutenu grâce à l’accélération des  
salaires. La Banque centrale de Norvège ne devrait pas relever son taux directeur au cours des prochains trimestres. Le taux  
d’inflation resterait en effet proche de sa cible de 2% alors que les risques à l’étranger se sont accrus.  
L’économie norvégienne, qui a connu un bon début d’année, devrait  
1
- Croissance et inflation  
afficher une croissance soutenue du PIB hors activités pétrolières et  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
1
transport maritime jusque fin 2019. Celui-ci devrait ensuite croître  
Prévision  
Prévision  
un peu plus modérément sous l’effet d’une conjoncture  
internationale moins favorable et du ralentissement de  
l’investissement. La croissance du PIB hors activités pétrolières et  
transport maritime devrait ainsi atteindre 2,3% cette année et 1,7%  
en 2020 (après +2,2% en 2018). Le PIB total devrait, quant à lui,  
progresser de, respectivement, 1,4% et 1,8% en 2019 et 2020  
3
.6  
2.3  
2.2  
2.8  
2
.0  
1
.7  
2.2  
1.9  
1.9  
0
.9  
(
après +1,4% en 2018).  
Dynamisme de la consommation des ménages  
1
6
17  
18  
19  
20  
16  
17  
18  
19  
20  
La Norvège, une petite économie ouverte, devrait profiter de la  
récente dépréciation de la couronne norvégienne et, jusque l’hiver  
prochain, de la forte demande mondiale de services pétroliers.  
Celle-ci devrait ensuite fortement faiblir. Les exportations devraient  
également pâtir en 2020 des tensions commerciales liées aux  
politiques protectionnistes et de la détérioration de la conjoncture  
chez ses principaux partenaires commerciaux. L’investissement  
dans le secteur pétrolier norvégien, qui progresse fortement depuis  
début 2018 grâce à la remontée du prix du pétrole, continuera à  
soutenir la croissance au second semestre 2019. Il devrait toutefois  
marquer le pas en 2020. Les nouveaux projets de développement  
devraient être en effet de plus faible envergure que ceux qui auront  
alors été achevés, en raison notamment du manque de découvertes  
pétrolières majeures. L’investissement résidentiel devrait, comme  
les prix immobiliers, afficher une croissance modérée au cours des  
prochains trimestres. L’investissement des entreprises œuvrant  
dans le secteur non pétrolier, en nette progression entre 2015 et  
Sources : comptes nationaux, BNP Paribas  
Le taux de croissance des prix à la consommation, en forte baisse  
au premier semestre 2019 (à 1,6% g.a. en août), devrait peu varier  
jusque fin 2019 et accélérer légèrement en 2020. La progression du  
coût unitaire du travail ainsi que la récente dépréciation de la  
couronne norvégienne, consécutive à l'incertitude qui règne  
actuellement à l'échelle mondiale, devrait alors se répercuter sur  
l’ensemble des prix. La Banque centrale de Norvège a annoncé en  
septembre dernier une quatrième hausse de son taux directeur en  
un an (à 1,5%). Elle n’en annoncera vraisemblablement pas de  
nouvelle au cours des prochains trimestres. Le taux d’inflation  
devrait en effet rester proche de sa cible de 2% et les risques à  
l’étranger se sont accrus. Les taux d’intérêt y sont d’ailleurs à des  
niveaux particulièrement bas. La Banque centrale souhaitera  
vraisemblablement éviter, dans ce contexte, une appréciation  
excessive de la couronne due à une trop grande distorsion de taux  
avec les autres banques centrales.  
2018, devrait croître plus modérément au cours des prochains  
trimestres en raison de l’achèvement de projets d’envergure dans le  
secteur de l’énergie. Les incertitudes autour des perspectives  
mondiales de croissance devraient, par ailleurs, décourager  
l’investissement, en particulier en 2020.  
La Norvège devrait bénéficier d’une impulsion budgétaire proche de  
0,5% du PIB hors activités pétrolières et transport maritime en 2019.  
Le gouvernement devrait ensuite mener une politique budgétaire  
globalement neutre en 2020. Le déficit structurel non pétrolier  
demeurera ainsi, en 2019, juste en deçà du nouveau seuil de 3% de  
l’actif du fonds de pension global norvégien fixé par le  
Les dépenses de consommation devraient continuer de croître à un  
rythme relativement soutenu au cours des prochains trimestres  
malgré la hausse des taux d’intérêt et le ralentissement des  
créations d’emplois. En effet, le maintien d’un taux de chômage à  
un niveau particulièrement bas (3,8% en juillet) devrait conforter le  
moral des ménages et s’accompagner d’une hausse plus marquée  
des salaires en 2019 et en 2020. La progression des salaires réels  
devraient, par ailleurs, s’accélérer.  
2
gouvernement . Le poids de ce déficit devrait reculer en 2020 en  
raison d’une valorisation plus élevée de ce fonds (282,9% du PIB  
hors activités pétrolières et transport maritime fin 2018).  
2
La règle fiscale prévoit que les sommes prélevées sur le fonds de pension  
1
Le PIB hors activités pétrolières et transport maritime équivalait à près de 84%  
global norvégien pour financer le déficit ne dépassent pas les revenus que celui-  
ci génère.  
du PIB total en 2018.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2261 articles et 573 vidéos