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La déflation dans les services s’intensifie

22/02/2022

Au Japon, il faut, peut-être plus qu’ailleurs, séparer la dynamique d’inflation “globale” de celle “sous-jacente”. La première, bien que toujours modérée (0,5% en janvier), est amenée à encore progresser, principalement sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. En revanche, les prix sous-jacents restent largement en territoire déflationniste et cette dynamique s’amplifie même. Hors produits alimentaires périssables et énergie, l’indice des prix à la consommation (IPC) a baissé en janvier de 1,2% en glissement annuel, soit son recul le plus important depuis mars 2011. La déflation dans les services (-2,8%) est même la plus forte jamais enregistrée depuis 1970 et s’explique principalement par la chute de plus de 50% des frais de téléphonie mobile depuis mars 2021. A cela s’ajoutent des baisses de prix dans les services médicaux (-0,8%), ainsi que pour les biens ménagers durables (-3,0%) et les biens de loisir (-1,1%).

Japon : indice des prix à la consommation dans les services(g.a., %)

L’économie japonaise n’a cependant pas échappé à la remontée des taux obligataires : les taux à dix ans se sont rapprochés de la borne supérieure de 0,25% fixée par la Banque du Japon (BoJ). En réponse, la banque centrale a renforcé, le 10 février dernier, ses leviers d’intervention sur le marché des emprunts d’État en annonçant l’achat illimité, si nécessaire, des obligations à 10 ans au taux fixe de 0,25%[1]. Contrairement aux autres banques centrales des pays développés, confrontées à des pressions inflationnistes nettement plus fortes appelant un début de normalisation de leur politique monétaire, la baisse des prix dans les services donne à la BoJ des marges de manœuvre importantes pour poursuivre sa politique monétaire accommodante.

LES ÉCONOMISTES EXPERTS AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
Guillaume DERRIEN
Equipe : Economies OCDE