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Changement de climat

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Eco Perspectives // 3 trimestre 2021  
economic-research.bnpparibas.com  
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ALLEMAGNE  
CHANGEMENT DE CLIMAT  
Après une forte contraction au premier trimestre 2020, le climat économique s’est nettement amélioré au T2, avec  
l’ouverture progressive de l’économie. En 2020, le gouvernement a réussi à limiter l’impact de la crise du coronavirus  
sur les ménages et les entreprises. Cette année, l’orientation de la politique budgétaire restera très accommodante et  
les mesures de soutien liées à la Covid-19 pourraient représenter 3% du PIB. Les élections législatives fédérales ayant  
lieu le 26 septembre prochain, le budget pour 2022 sera élaboré par le nouveau gouvernement. D’après les sondages,  
une coalition serait possible entre la CDU/CSU et les Verts, de sorte que le changement climatique devrait figurer  
au premier rang des priorités. L’économie devrait connaître, selon les prévisions, une croissance robuste en 2021  
et 2022. Sur le plan intérieur, le principal moteur est la consommation privée, tandis que le secteur manufacturier  
devrait bénéficier du programme Next Generation de l’UE. La rapidité de la reprise pourrait raviver les tensions  
inflationnistes et l’orientation de la politique monétaire de la BCE pourrait se révéler trop accommodante pour  
l’Allemagne.  
CHANGEMENT DE CLIMAT ÉCONOMIQUE  
CROISSANCE ET INFLATION  
L’économie allemande a mal commencé l’année. L’activité économique  
Croissance du PIB  
Prévisions  
Inflation  
s’est contractée de 1,8%, en partie en raison du durcissement des  
restrictions liées à la Covid-19, comme la fermeture des magasins  
à partir de la mi-décembre. De plus, dans le secteur du bâtiment,  
de nombreux projets de construction ont été avancés au quatrième  
Prévisions  
5
.5  
5
3
1
1
3
5
7
3.7  
trimestre 2020 afin de bénéficier de la réduction temporaire de la TVA,  
2.7  
2.0  
qui expirait le 1er janvier 2021. En début d’année, le bâtiment a par  
1.4  
0
.6  
0.4  
ailleurs, pâti d’une météo exceptionnellement mauvaise.  
Au deuxième trimestre, le climat économique a connu une nette  
embellie, la baisse des taux de contamination ayant permis une  
réouverture progressive de l’économie nationale. En juin, l’indice Ifo du  
climat des affaires a même atteint un plus haut depuis le mois d’avril  
-
-
-
-
2
018. Dans le secteur manufacturier, l’activité avait déjà commencé à se  
-5.1  
renforcer au premier trimestre, portée en partie par une forte demande  
en provenance de Chine (graphique 2). Au cours des derniers mois, la  
confiance s’est nettement renforcée dans les services et dans le secteur  
de la distribution. Même si l’activité reste bien en deçà des niveaux  
observés avant l’apparition de l’épidémie, des goulets d’étranglement  
sont apparus du fait de la pénurie de biens intermédiaires essentiels  
dans l’industrie manufacturière et le bâtiment. De plus, dans le secteur  
de l’hôtellerie-restauration, les entreprises rencontrent des difficultés  
de recrutement.  
2019  
2020  
2021  
2022  
2019  
2020  
2021  
2022  
GRAPHIQUE 1  
SOURCE : BNP PARIBAS GLOBAL MARKETS  
REPRISE RAPIDE DE LA PRODUCTION INDUSTRIELLE  
2
05  
015=100  
Grande crise financière  
Crise de la Covid-19  
1
Avec la réouverture de l’économie, le taux de chômage recule peu à  
peu. En mai, il s’établissait à 4,4%, un niveau qui reste supérieur de  
100  
1
,2 point de pourcentage à celui du quatrième trimestre 2019. De plus,  
9
9
8
5
on observe une diminution du nombre de salariés au chômage partiel  
(
Kurzarbeit). En mai, ils étaient 2,3 millions de salariés, soit 7% de la  
0
5
population active, dont plus de la moitié dans les services.  
L’inflation est sur une tendance haussière depuis le début de l’année.  
En mai, l’indice des prix à la consommation harmonisé était en hausse  
de 2,4% par rapport à l’année dernière. Cette progression de l’indice  
est entièrement due à l’envolée des prix de l’énergie (9,5% en g.a.).  
L’inflation sous-jacente est restée, en revanche, modérée à 1,6% à peine.  
80  
75  
Mois après le creux  
10 12 14 16 18 20 22 24 26  
SOURCES : DEUTSHE BUNDESBANK, BNP PARIBAS  
70  
-
10 -8 -6 -4 -2  
0
2
4
6
8
DES MESURES ÉNERGIQUES FACE À LA PANDÉMIE  
GRAPHIQUE 2  
La réponse rapide et énergique du gouvernement face à la pandémie  
a permis d’en limiter les conséquences économiques. En 2020, les  
mesures de soutien liées à la crise du coronavirus ont représenté  
environ 2,8% du PIB, dont presque la moitié en subventions et aides de  
trésorerie aux entreprises. L’enveloppe des prêts garantis et injections  
de fonds propres, ces dernières étant uniquement prises en compte  
dans le niveau d’endettement, a même atteint près de 30% du PIB.  
Le solde budgétaire (en pourcentage du PIB) s’est fortement dégradé,  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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Eco Perspectives // 3 trimestre 2021  
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passant de +1,5% en 2019 à -4,2 % en 2020, et le ratio de dette sur PIB  
a augmenté de dix points de pourcentage, à 70%.  
CAPACITÉ DE FINANCEMENT (% DU PIB)  
Les mesures de soutien adoptées pour lutter contre la pandémie  
de Covid-19 ont été particulièrement efficaces. Environ 44% des  
entreprises allemandes ont eu recours à au moins un des dispositifs  
mis en place. Malgré une contraction du PIB de 4,8% en 2020, le taux  
de chômage n’a ainsi augmenté que de 0,7 point de pourcentage à  
Sociétés  
Ménages  
Gouvernement  
Compte courant  
1
2
10  
8
3
0
,8%. Le revenu disponible des ménages a même progressé de  
,7% et le nombre des faillites a chuté à un niveau historique.  
6
En pourcentage du PIB, l’excédent de la balance courante n’ayant guère  
varié, la dégradation du solde budgétaire de l’État s’est traduit par une  
amélioration substantielle des soldes financiers des ménages et des  
entreprises (graphique 3).  
En 2021, l’orientation de la politique budgétaire restera très  
accommodante et les mesures d’aide liées à la crise de la Covid-19  
pourraient représenter 3% du PIB. Le système de chômage partiel  
restera en place jusqu’à la fin de l’année. Les dépenses de santé  
seront augmentées pour financer la campagne de vaccination. Les  
autres mesures budgétaires comprennent l’abolition, pour la plupart  
des contribuables, de la taxe de solidarité introduite en 1991 pour  
financer principalement la réunification allemande, et l’ajustement des  
barèmes de l’impôt sur le revenu pour éliminer le glissement par le jeu  
des tranches (« bracket creep »).  
4
2
0
2014  
2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
-
-
-
2
4
6
GRAPHIQUE 3  
SOURCE : EUROSTAT  
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0,9% en 2019 à 16,2% en 2020. Avec la réouverture de l’économie, les  
dépenses de consommation vont probablement revenir à la normale.  
Le taux d’épargne pourrait même, temporairement, passer en dessous  
des niveaux observés avant la pandémie, car les ménages vont puiser  
dans l’épargne accumulée pendant la crise.  
Des recettes supplémentaires seront générées par le nouveau système  
de tarification du carbone pour le transport routier et le chauffage  
des bâtiments qui, en général, ne sont pas couverts par le système  
d’échange de quotas d’émission de l’UE. Jusqu’en 2025, le prix des  
Les entreprises manufacturières allemandes devraient bénéficier de  
l’envolée de la demande mondiale et de la mise en œuvre du plan  
NGEU, en Allemagne mais aussi partout en Europe. De plus, les ruptures  
d’approvisionnement, en semi-conducteurs notamment, pourraient  
diminuer au cours des prochains trimestres.  
quotas de carbone est de EUR 25 la tonne de CO . Au-delà, le prix sera  
2
fixé par le marché. Le déficit budgétaire va probablement se creuser  
aux environs de 4,5 % du PIB. Dans les années à venir, le gouvernement  
fédéraldevraitaugmentersesdépensesd’investissementpouratteindre  
son objectif de réduire les émissions de CO de 65% par rapport aux  
2
niveaux de 1990 d’ici la fin de la décennie et la neutralité climatique La dynamique retrouvée de l’économie allemande stimulera la  
d’ici 2045. Ce sera en partie finan par le plan Next Generation de l’UE demande de main-d’œuvre et les pénuries de personnel qualifié,  
(
NGEU). Le gouvernement a ainsi mis de côté environ EUR 52 md entre observées avant la pandémie, seront probablement bientôt de retour.  
022 et 2025. Avant la crise, le programme fédéral d’investissement ne Cela pourrait entraîner des hausses de salaires et une remontée de  
2
s’élevait qu’à EUR 38 mds.  
l’inflation. Par ailleurs, l’orientation de la politique monétaire de la BCE  
étant fixée en fonction des tensions inflationnistes dans l’ensemble de  
la zone euro, il n’est pas exclu que l’Allemagne soit bientôt confrontée  
à des conditions monétaires trop accommodantes.  
Lebudgetpour2022serafinalementétabliparlenouveaugouvernement  
issu des élections législatives fédérales du 26 septembre prochain.  
D’après les sondages, la CDU/CSU (chrétiens-démocrates) et le SPD  
(
parti social-démocrate), qui forment la coalition sortante, pourraient  
perdre, chacun, 5% des voix par rapport au précédent scrutin de  
017. Les Verts, en revanche, pourraient devenir la deuxième force  
Achevé de rédiger le 24 juin 2021.  
2
politique du pays, avec environ 20% des suffrages, de sorte qu’une  
alliance avec la CDU/CSU serait l’issue la plus probable. Dans ce cas,  
le changement climatique deviendrait un axe majeur du programme  
du gouvernement. Concernant la politique fiscale, la nouvelle coalition  
restera probablement attachée à un retour aux règles budgétaires  
européennes et au frein à l’endettement.  
ROBUSTESSE DE LA REPRISE ET RISQUES DE SURCHAUFFE  
L’économie devrait connaître une croissance robuste en 2021 et 2022.  
Sur le plan intérieur, la consommation privée sera le principal moteur  
de la croissance. Malgré la crise du coronavirus, le revenu disponible  
des ménages s’est amélioré, soutenu par l’important programme  
d’aides gouvernementales. Les ménages ont, toutefois, réduit leurs  
dépenses du fait de possibilités de consommation limitées mais aussi  
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par crainte de contracter le virus . Le taux d’épargne est ainsi passé de  
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Selon l’enquête en ligne de la Bundesbank auprès d’un panel de ménages, seuls 7 % d’entre eux ont déclaré avoir réduit leurs dépenses de crainte de la perte de revenus.  
La banque  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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