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EcoPerspectives // 3 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Belgique  
Stabilisation de la croissance grâce à la consommation  
La croissance économique va rester stable au cours des prochains trimestres. L’augmentation de la pénurie de main-d’œuvre et la  
baisse de la contribution nette des échanges extérieurs pèsent sur les perspectives. Comme par ailleurs les incertitudes au plan  
international (guerre commerciale, Brexit) et national (pourparlers en vue de former un gouvernement) ne sont pas près de se  
dissiper, le scénario de base que nous retenons est celui d’une croissance inférieure au taux potentiel jusqu’en 2020.  
La croissance du PIB est ressortie à 0,3 % à peine au premier  
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- Croissance et inflation  
trimestre de cette année, un taux compatible avec notre prévision  
de 1,0 % pour 2019. La faiblesse persistante du chômage  
encourage la consommation privée. Mais la croissance de la  
demande intérieure ne compenserait qu’en partie la baisse de la  
contribution des exportations nettes.  
 Croissance du PIB (%)  
 Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
2,3  
2,2  
Priorité aux créations d’emplois  
1,7  
1,8  
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,6  
1
,5  
1,4  
18  
1,4  
Le taux de chômage est orienté à la baisse depuis de nombreuses  
années. Au début de la législature, le gouvernement Michel-I, une  
coalition désormais minoritaire depuis le départ de son principal  
parti à la fin de l’année dernière, avait fait de la création d’emplois  
une priorité absolue. Depuis, le taux de chômage a reculé, passant  
de 8,5 % aux environs de 5,5 % au cours du dernier semestre. Les  
tensions se renforcent néanmoins sur le marché du travail, les  
entreprises ayant du mal à pourvoir les postes vacants. Le taux de  
vacance d’emploi (mesuré par la proportion de postes vacants par  
rapport au nombre total d’emplois) se situe à plus de 4 % depuis le  
début de 2017, un niveau bien supérieur à celui de la moyenne de  
l’UE-28, qui s’établit à 2,5 %. Selon une étude récente, réalisée par  
la Banque nationale de Belgique (BNB), cette situation s’explique  
par deux facteurs principaux : la pénurie grandissante de main-  
d’œuvre qualifiée et une faible mobilité géographique, en particulier,  
de la Wallonie francophone, au sud, vers les Flandres, au nord.  
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,0 1,0  
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19  
20  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
dépenses publiques devraient augmenter plus rapidement que  
l’année dernière, portées par le projet d’infrastructure autour de la  
ville d’Anvers.  
La plus forte contribution à la croissance sera celle apportée par la  
consommation privée. Le taux de chômage, à un plus bas record, et  
les effets positifs du déplacement de la fiscalité liée aux revenus du  
travail vers d’autres sources (Tax shift) sont de nature à soutenir les  
dépenses des ménages. Le repli temporaire du troisième trimestre  
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018 s’explique principalement par la baisse des dépenses en biens  
D’après les prévisions de la BNB, les coûts salariaux horaires dans  
le secteur privé vont augmenter en moyenne de 2,3 % par an au  
cours des trois prochaines années. Cette évolution marque la fin  
d’une période pendant laquelle le gouvernement Michel-I a profité  
d’une politique active de maîtrise des coûts. Le gel temporaire du  
mécanisme d’indexation des salaires sur l’inflation a largement  
contribué à réduire l’écart avec le reste de l’Union européenne en  
termes de coûts salariaux unitaires. La Banque nationale de  
Belgique ne s’attend toutefois pas à ce que la hausse du coût du  
travail soit répercutée sur les prix, ce qui pèsera sur les taux de  
marge et pénalisera la compétitivité de la Belgique, à un moment où  
le commerce mondial fait face à de graves incertitudes.  
durables, notamment due à un durcissement des procédures de test  
d’émissions automobiles. Par ailleurs, selon les prévisions de la  
BNB, le seuil d’indexation des salaires sera atteint en janvier.  
Résultat, de nombreux fonctionnaires et autres employés vont  
bénéficier de hausses salariales. Le revenu disponible réel des  
ménages devrait progresser de 5 % au cours des trois prochaines  
années. Compte tenu d’une croissance démographique (limitée),  
cela devrait se traduire par une hausse du pouvoir d’achat par  
habitant de 3,5 % sur la même période.  
Suite aux élections fédérales du mois de mai, les négociations sur  
la formation d’un gouvernement pourraient traîner en longueur,  
constituant ainsi un important facteur de risque. Comme la durée  
moyenne des cinq dernières périodes de formation d’un  
gouvernement a été d’environ six mois, on peut supposer que le  
nouveau gouvernement fédéral sera constitué, au plus tôt, à la fin  
de cette année.  
La contribution du commerce extérieur à la croissance sera  
inférieure à celle de 2018 car, outre le ralentissement de la  
croissance des exportations, la consommation privée devrait  
entraîner une hausse des importations. La balance courante  
resterait déficitaire, quoique très légèrement.  
L’investissement est attendu en décélération, dans le sillage de la  
baisse des taux d’utilisation des capacités. En revanche, les  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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