Perspectives

Bonne résistance aux chocs

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Eco Perspectives // 3 trimestre 2022  
economic-research.bnpparibas.com  
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ESPAGNE  
BONNE RÉSISTANCE AUX CHOCS  
Après un rebond d’activité en 2021 plus faible que ses voisins européens, l’Espagne devrait connaitre un taux de  
croissance soutenu en 2022, supérieur à 4%. Malgré les contrecoups de la guerre en Ukraine sur l’inflation et le  
pouvoir d’achat, le marché du travail garde le cap avec 186 000 emplois supplémentaires créés au cours des cinq  
premiers mois de l’année. Cette dynamique devrait se prolonger cet été avec la reprise plus marquée de l’activité  
touristique, même si les perturbations actuelles qui affectent les compagnies aériennes en Europe pourraient ternir  
ces perspectives. Par ailleurs, le pic de l’inflation pourrait intervenir tardivement cette année, la hausse des prix dans  
l’alimentation et les équipements ménagers gagnant actuellement en vigueur.  
La dynamique des embauches est restée bien orientée dans le pays et  
n’a montré, jusqu’à cet été, aucun signe d’essoufflement. Près de 186  
CROISSANCE ET INFLATION  
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00 nouveaux emplois nets supplémentaires ont été créés entre janvier  
et mai 2022, poursuivant sur la lancée de 2021 (+473 000). Le taux de  
chômage est redescendu à 13,3% en avril. Par rapport à février 2020,  
qui correspond au pic d’emploi précédant le premier confinement, les  
embauches ont été significatives dans les secteurs de l’information et  
de la communication (+87 511), ainsi que dans les différents secteurs  
publics, notamment l’éducation (+119 044) et la santé (137 864). À  
l’inverse, l’emploi dans la finance et l’assurance (-13 177), l’hôtellerie  
Croissance du PIB, %  
Prévisions  
Inflation, %  
Prévisions  
8
.0  
5
.1  
(
-23 295) ainsi que les activités de commerce (-10 738) accuse encore  
4.1  
3.6  
un déficit par rapport au niveau d’avant-Covid.  
3
.0  
2
.5  
Si la situation sur le front de l’emploi reste bonne, elle reste com-  
pliquée sur le front de l’inflation. Celle-ci s’est rapprochée du seuil  
des 10% a/a en mars, à 9,7% (indice harmonisé), avant de refluer à  
2.2  
1
.7  
8
,5% en mai. Nous anticipons une décélération plus importante à partir  
du T4 2022, même si son niveau devrait rester élevé (au-dessus de  
%) jusqu’à la fin du premier semestre 2023. L’instauration, le 15 juin  
2021  
2022  
2023  
2024  
2021  
2022  
2023  
2024  
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dernier, d’un bouclier tarifaire sur le prix du gaz naturel permettra de  
contenir la hausse des prix énergétiques pour les ménages (+34,2% a/a  
en mai). Néanmoins, l’augmentation des prix à la consommation s’ac-  
centue dans d’autres postes de dépenses, notamment les produits ali-  
mentaires et boissons non alcoolisées (+11,0% a/a), les équipements  
ménagers (+5,9%) et la restauration-hôtellerie (+6,3%). Les prix à la  
production ont poursuivi leur envolée au printemps (+45,1% a/a en  
avril). Bien que partiellement absorbée par les marges des entreprises,  
cette hausse sera répercutée aussi sur les prix de vente et les prix à la  
consommation.  
GRAPHIQUE 1  
SOURCE : BNP PARIBAS GLOBAL MARKETS  
La hausse des salaires est donc pour le moment principalement le ré-  
sultat des mesures gouvernementales, plutôt que des décisions des  
entreprises, même si dans certains secteurs, comme l’hôtellerie, le  
manque de main d’œuvre contribue aussi à tirer les rémunérations  
vers le haut. De plus, un quart seulement des travailleurs est couvert  
par une clause permettant de réviser, totalement ou partiellement, les  
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HAUSSE MODÉRÉE DES SALAIRES  
salaires en fonction de l’inflation .  
Dans ce contexte, le soutien de l’État aux ménages et aux entreprises  
Les salaires ont enregistré une hausse importante au T1 (+4,3% a/a se-  
lon l’INE), mais une boucle prix-salaire ne s’est jusqu’ici pas véritable-  
ment matérialisée. En effet, cette augmentation résulte principalement  
d’effets d’entrainement liés à la revalorisation du salaire minimum  
interprofessionnel (SMI) sur les grilles salariales les plus basses. Le  
SMI a été revalorisé de 3,6%, à EUR 1000, en janvier. À l’exception de  
trois secteurs (énergie, information et communication, finance et assu-  
rance), l’ensemble des branches d’activité enregistrent des hausses de  
salaires, celles-ci étant particulièrement marquées dans l’hôtellerie.  
Le salaire de base moyen dans cette branche (EUR 1120,16 mensuels  
au T1 2022) est le plus proche du SMI et les salaires ont augmenté de  
deux tiers (68,4%) par rapport au T1 2021.  
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(
EUR 17 mds jusqu’à présent, hors bouclier tarifaire ) pourrait se ren-  
forcer au cours de l’été. Un prolongement des réductions de taxes  
sur les produits énergétiques, qui expirent pour l’heure en juillet, est  
probable. L’introduction d’une taxe extraordinaire sur les fournisseurs  
d’énergie, similaire à celle mise en place en Italie, est aussi envisagée.  
Achevé de rédiger le 17 juin2022  
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Voir Solo uno de cada cuatro trabajadores tiene cláusula de revisión salarial contra la inflación, El País, 10 juin 2022  
Voir BNP Paribas Ecoflash, Inflation des prix de l’énergie en zone euro : réactions des gouvernements et implications sur le pouvoir d’achat des ménages, 20 mai 2022.  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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