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EcoEmerging// 3 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Arabie Saoudite  
Premiers signes de reprise  
L’économie saoudienne traverse une situation délicate depuis environ trois ans. Elle doit conjuguer les conséquences des réformes  
engagées dans le cadre du plan Vision 2030 et des conditions plutôt défavorables sur le marché pétrolier, sources de contrainte  
pour les finances publiques. Le PIB non pétrolier tourne au ralenti depuis 2016 en raison de la faiblesse de la demande interne.  
L’activité devrait repartir graduellement en 2019 grâce aux efforts de relance budgétaires et à la progressive normalisation du  
marché du travail. Dans ce contexte, les déficits budgétaires s’accumulent mais la solvabilité du gouvernement reste bonne.  
L’économie non pétrolière est en phase de ralentissement depuis  
1
-Prévisions  
environ 3 ans. Le PIB hors pétrole a crû en moyenne de 1,2% par  
an depuis 2016, contre 5,7% durant la période 2011-2015. Cela est  
notamment dû à la dégradation des finances publiques, qui a  
fortement contraint les dépenses publiques depuis 2015. De plus, la  
réforme à marche forcée du marché du travail a pesé sur l’activité  
économique. En 2018, la croissance du PIB réel a atteint 2,2%,  
grâce essentiellement à celle du PIB pétrolier de 2,8%.  
2017 2018e 2019e 2020e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, var. annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB  
-0,7  
-0,9  
-9,2  
17  
2,2  
2,5  
-4,6  
19  
1,1  
-1,7  
-8,1  
28  
2,9  
1,8  
-8,2  
35  
Dette du gouv. central, % du PIB  
Balance courante, % du PIB  
1,6  
23  
9,3  
25  
3,5  
30  
3,5  
34  
Dette externe, % du PIB  
Le PIB pétrolier attendu en baisse  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'imports  
Taux de change USDSAR (fin d'année)  
497  
30  
497  
28  
499  
28  
504  
27  
En tant que principal membre du cartel, la production pétrolière  
saoudienne est étroitement liée aux décisions de l’OPEP en matière  
de production. La hausse continue de la production de pétrole  
américaine depuis 2016 (les Etats-Unis sont devenus le premier  
producteur mondial depuis 2018) nécessite de maintenir une  
politique de quota restrictive de la part des pays de l’OPEP+  
3,75  
3,75  
3,75  
3,75  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2- Croissance économique en berne  
%, contribution à la croissance du PIB  
(
OPEP + Russie) afin de soutenir les prix. L’accord de juillet 2019 a  
PIB total g.a. Exportations nettes  Investissement  Consommation  
renouvelé les baisses de production décidées en décembre dernier.  
Cet accord courant jusqu’en mars 2020, la production saoudienne  
devrait rester stable cette année à environ 10 millions de barils par  
jour (mb/j), contre 10,3 mb/j en 2018. Par conséquent le PIB  
pétrolier (environ 40% du total) devrait baisser d’environ 1,7% en  
publique Consommation privée  
1
5
0
5
0
5
1
2
019.  
Un ralentissement économique prononcé  
L’économie non pétrolière tourne au ralenti depuis 2016. Ce fort  
ralentissement est dû à la quasi-stagnation du PIB du secteur public  
non pétrolier et surtout au renforcement des réformes du marché du  
travail. Les dépenses publiques sont un moteur traditionnel de la  
demande interne du royaume. En raison d’une conjoncture  
pétrolière défavorable, elles ont été réduites en 2016 et 2017 pour  
atteindre 36% du PIB contre 41% en 2015. Le processus de  
-
-10  
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018  
Sources: Ministère de l’Economie et de la Planification, BNP Paribas  
«
saoudisation » du marché du travail (le remplacement des  
d’environ 5% en deux ans. En parallèle, l’emploi des nationaux  
saoudiens n’évolue que très lentement. Le nombre total de  
Saoudiens occupant un emploi augmente faiblement depuis fin  
travailleurs expatriés par des nationaux dans le secteur privé non  
pétrolier) est passé à une vitesse supérieure depuis deux ans. La  
présence d’expatriés est fortement réduite, voire interdite, dans un  
certain nombre de secteurs du commerce de détail (par exemple les  
bijouteries ou les magasins de téléphonie) qui étaient  
traditionnellement tenus par des non nationaux. En parallèle, des  
taxes importantes ont été appliquées aux expatriés et à leurs  
familles. Cela a provoqué le départ de nombreux expatriés et la  
consolidation de certains secteurs de l’économie.  
2018 grâce à un rythme de créations d’emplois dans le secteur  
privé supérieur à celui de la baisse de l’emploi public. Ces  
évolutions ont évidemment des conséquences négatives sur la  
demande privée interne qui n’a progressé que de 2% en moyenne  
entre 2016 et 2018, contre 5,9% en moyenne entre 2011 et 2015.  
Quelques signes de reprise de l’activité en 2019  
Depuis début 2017, 1,8 million d’expatriés ont quitté le marché du  
travail, entraînant une baisse de la population totale du pays  
Il semble que cette dynamique négative commence à s’inverser  
depuis le début de l’année. La croissance du PIB réel n’a été que de  
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,7% en T1 2019 (contre 3,6% en T4 2018) en raison de la faible  
3
- Le coût du logement tire les prix à la baisse  
progression des exportations (+5,1%) qui contribue pour plus de  
5% au PIB total. Cependant, le redressement de la consommation  
4
%, moyenne annuelle  
privée (environ 35% du PIB total) semble assez net. Celle-ci a  
progressé de 4,8% contre 1,8% au cours de l’année 2018. Elle  
bénéficiera des augmentations salariales dans le secteur public, qui  
emploie environ 45% des actifs saoudiens ayant un emploi. Par  
ailleurs, le crédit au ménage ne progresse que faiblement (+1,8%  
en g.a. en mars 2019).  
IPC ▪▪▪ Transport Alimentation Logement, Eau, Energie  
12  
1
0
8
6
4
2
0
Du côté du marché du travail, selon les dernières données du  
T1 2019, le nombre de Saoudiens employés est en augmentation  
depuis T3 2018 (+2000), notamment grâce au dynamisme de  
l’emploi féminin, tandis que le nombre d’employés expatriés est lui  
aussi reparti à la hausse depuis T4 2018 (+224 000 personnes).  
Concernant les dépenses publiques, le gouvernement s’est  
clairement engagé dans une politique de relance de l’activité avec  
un plan de soutien au secteur privé équivalant à 7% du PIB réparti  
sur 4 ans. Les données du premier trimestre montrent une hausse  
de 8% des salaires du secteur public et de 12% des  
investissements. Ce soutien devrait se poursuivre durant l’année  
avec un budget prévisionnel total en hausse nominale de 9%. En  
termes réels, le soutien budgétaire est encore plus significatif étant  
donné notre prévision d’inflation négative en 2019 (-1,7% en  
moyenne). D’un point de vue sectoriel, certains indicateurs avancés  
-2  
-4  
-6  
2014  
2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
Sources : SAMA, BNP Paribas  
prix du marché. Cela devrait aussi contribuer au soutien des prix.  
Ainsi, l’inflation des prix à la consommation devrait atteindre en  
moyenne 1,8% en 2020.  
Détérioration des finances publiques  
Les déficits budgétaires sont récurrents et élevés depuis 2014 en  
raison de la hausse des dépenses publiques et d’un marché du  
pétrole moins favorable aux producteurs du Golfe. Etant donné,  
d’une part, les contraintes sur la production pétrolière et la stabilité  
attendue des prix et, d’autre part, la nécessité de soutenir l’activité  
économique, les déficits devraient rester élevés dans les prochaines  
années. Le prix du pétrole permettant un budget à l’équilibre  
dépasse actuellement les 85 dollars par baril (référence Brent), soit  
un niveau très supérieur au prix du marché (66 USD/b en moyenne  
au cours du S1 2019). Nous prévoyons que le déficit atteindra 8,1%  
du PIB en 2019 et 8,2% en 2020. Une progression moindre des  
dépenses et une hausse des revenus budgétaires non pétroliers  
(
production de ciment, retraits en liquide et ouverture de lettres de  
crédit) signalent la poursuite de la progression du PIB non pétrolier  
au cours du T2 2019.  
Au total, nous prévoyons que la croissance du PIB non pétrolier  
atteindra au moins 3% en 2019 (contre +2,1% en 2018). Cela  
devrait permettre au PIB total de croître de 1,1% en 2019 avant  
d’accélérer de 2,9% en 2020.  
Le coût du logement tire l’inflation à la baisse  
Reflétant la faiblesse de l’activité économique, l’évolution des prix  
est négative en g.a. depuis le début de l’année (-1,5% en mai 2019).  
En 2018, la hausse des prix de 2,5% en moyenne (contre -0,8% en  
(
actuellement environ 30% des revenus totaux) devraient le réduire  
à 7,5% du PIB en 2021. Le gouvernement prévoit de revenir à  
l’équilibre budgétaire à partir de 2023. La hausse observée de la  
part des revenus non pétroliers dans le PIB est un élément positif  
qui va dans cette direction, cependant la vulnérabilité aux prix du  
pétrole restera élevée et la maîtrise des dépenses budgétaires reste  
décisive pour atteindre cet objectif.  
2017) était principalement due à l’introduction de la TVA et à la  
baisse des subventions sur les carburants réalisée au début de  
l’année 2018. Pour 2019, nous prévoyons une évolution négative de  
l’indice des prix (-1,7% en moyenne), principalement en raison de la  
baisse continue des prix dans l’immobilier. La composante  
«
logement, eau et énergie » contribue pour 25% au panier de  
Pour le moment, malgré l’accumulation des déficits, les finances  
publiques ne sont pas en danger. La dette du gouvernement est  
modérée (28% du PIB attendu en 2019) et compensée par des  
actifs importants du gouvernement (environ 75% du PIB en  
additionnant les actifs du gouvernement à ceux de la SAMA et une  
estimation des actifs du fond souverain). Par ailleurs, l’Arabie  
Saoudite est devenue un émetteur régulier sur le marché des  
Eurobonds. Pour le moment, étant donné l’appétit des investisseurs,  
elle bénéficie de conditions de financement très favorables.  
l’indice des prix à la consommation. La sous-composante « loyer »  
est en baisse de 6,8% en moyenne sur un an en mai 2019.  
Cependant, on ne peut parler à ce stade d’une situation  
déflationniste. Selon notre estimation, l’inflation sous-jacente (hors  
logement et alimentation) atteint +1,8% en moyenne en mai dernier.  
Etant donné les meilleures perspectives de croissance en 2019 et  
l’arrêt des départs d’expatriés, les prix à la consommation devraient  
repartir à la hausse en 2020. Par ailleurs, le gouvernement devrait  
poursuivre sa politique visant à réduire la dépendance des finances  
publiques aux variations des prix du pétrole, au travers d’une  
hausse des recettes non pétrolières (TVA par exemple) et de la  
réduction des subventions aux carburants afin de se rapprocher des  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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