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EcoPerspectives // 2 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Italie  
Récession à court terme, défi démographique à long terme  
L’Italie, qui a vu sa production industrielle baisser continûment en 2018, est en récession pour la troisième fois en dix ans. La  
demande intérieure a déçu, les ménages comme les entreprises restant extrêmement prudents. Compte tenu de la détérioration du  
scénario global, le gouvernement italien a, dans le Document économique et financier pour 2019, récemment abaissé de 1 % à 0,2 %  
la croissance du PIB attendue en 2019, avec un déficit public à 2,4 % et un ratio dette/PIB de 132,6 %. Le déficit structurel devrait se  
détériorer de 0,1 %, à 1,5 %. Un scénario complexe que le vieillissement progressif de la population complique encore davantage.  
Au second semestre 2018, l’économie italienne est de nouveau  
entrée en récession, la troisième depuis dix ans. Le PIB réel a  
reculé de 0,1 % t/t au T3 et au T4. La contraction est le résultat de  
la contribution négative des stocks (-0,4 % au T4) et de l’atonie de  
la demande intérieure, tandis que les exportations nettes ont  
soutenu la progression du PIB. Elles ont augmenté davantage que  
les importations, ajoutant 0,4 % à la croissance globale au second  
semestre.  
1- Croissance et inflation  
Croissance du PIB (%)  
Prévision  
 Inflation (%)  
Prévision  
1,7  
1
,3  
1,2  
1,3  
18  
1,2  
0,9  
0,8  
0,5  
Récession sur fond de demande déprimée  
0,0  
Le ralentissement a principalement concerné les moteurs de la  
précédente reprise. En 2018, alors que les secteurs des services et  
la construction continuaient à se redresser modestement, dans le  
secteur manufacturier la valeur ajoutée a enregistré quatre  
contractions consécutives, le taux de croissance annuel passant de  
-0,1  
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17  
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19  
20  
16  
17  
19  
20  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
2- Marché du travail  
+
5 % au T3 2017 à -1,1 % au T4 2018. La production automobile a  
reculé de plus de 15 % entre juillet et décembre.  
▪▪▪ Emploi, millions (é.g.)  
Taux de chômage (é.d.)  
Les conditions d’ensemble du marché du travail se sont encore  
dégradées. Le taux de chômage a dépassé les 10,5 %, tandis que  
celui des 15-24 ans est resté inchangé à 33 %. Remarquable  
depuis 2014, le redressement de l’emploi s’est interrompu, le  
nombre de personnes ayant un emploi étant resté quasiment stable,  
autour de 23,2 millions. La progression modeste du revenu et la  
légère hausse des prix à la consommation ont contribué à rogner le  
pouvoir d’achat des ménages (-0,7 % au second semestre 2018).  
Devant cette évolution décevante, la propension à épargner des  
ménages italiens a continué à diminuer, passant à 7,6 % au T4  
24  
14  
13  
12  
23  
11  
10  
9
23  
8
7
6
2
018.  
22  
5
Entre janvier et septembre 2018, le patrimoine financier des  
ménages a chuté de EUR 125 mds, à EUR 4 100 mds, soit une  
perte de près de EUR 2 000 par personne. Les ménages italiens ont  
fait preuve d’une extrême prudence dans leurs décisions de  
dépenses, entraînant une stagnation de la consommation au cours  
des trois derniers trimestres de 2018, ainsi que dans leurs décisions  
d’investissement en augmentant la part des placements en dépôts,  
épargne-retraite et produits d’assurance.  
2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018  
Source : Istat  
en dessous des 42 %. L’incertitude persistante entourant le  
scénario économique global a pesé sur le moral des chefs  
d’entreprises, qui n’a cessé de se replier depuis un an et demi, pour  
atteindre son plus bas niveau depuis le début de 2015. L’évolution  
de l’investissement est restée décevante, se maintenant à près de  
2
0 points de pourcentage en dessous du niveau de 2008.  
Au cours du second semestre 2018, les conditions économiques et  
financières des entreprises italiennes se sont légèrement  
détériorées, avec une rentabilité de nouveau en retrait. La valeur  
ajoutée des sociétés non financières a dépassé la barre des  
EUR 800 mds, un record depuis vingt ans. Cela n’a pas empêché  
l’excédent brut d’exploitation rapporté à la valeur ajoutée de reculer  
Creusement du déficit budgétaire  
Le gouvernement italien a approuvé le Document économique et  
financier pour 2019. L’augmentation des investissements publics, le  
nouveau plan d’aide aux revenus, la révision du régime des retraites  
et toutes les autres mesures approuvées ou en cours de discussion  
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devraient avoir, selon les estimations, un effet positif global sur  
l’économie avec une croissance supplémentaire de 0,1 %. En 2019,  
le PIB réel devrait croître de 0,2 %, contre une progression attendue  
de +1 % dans la loi de finances de décembre 2018, tandis que  
l’emploi devrait reculer de 0,2 % et le taux de chômage augmenter à  
3
- Population en âge de travailler  
15-64 ans en % de la population totale  
70  
1
1
1 %. Le déficit structurel devrait croître, selon les estimations, à  
,5 % contre 1,4 % en 2018, et le ratio de la dette sur le PIB devrait  
6
6
5
5
5
0
5
0
atteindre 132,6 %.  
La population baisse...  
La crise financière et la récession qui ont frappé l’économie  
mondiale il y a plus de dix ans ont eu des répercussions néfastes et  
durables sur la démographie. L’envolée du chômage a découragé  
les projets d’enfants, entraînant une baisse plus rapide que prévu  
du taux de fécondité. En Europe, l’impact de la récession mondiale  
sur la fécondité est particulièrement marqué en Espagne, en Grèce  
et en Italie.  
1950 1965 1980 1995 2010 2025 2040 2055 2070 2085 2100  
Source : Istat  
Au début de 2019, l’Italie comptait 60,4 millions d’habitants d’après  
les données de l’Istat, un chiffre en repli pour la quatrième année  
consécutive. Le nombre d’enfants par femme s’établit aujourd’hui à  
moins importante voire quasiment nulle depuis le début des  
années 2000. Le taux d’emploi a eu un impact positif sur la  
croissance, en particulier dans la deuxième moitié du 20 siècle,  
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1
,32, avec des valeurs supérieures à la moyenne dans les régions  
tandis que ce que l’on a appelé le « dividende démographique »  
septentrionales (autour de 1,37) et inférieures dans le sud (1,29 en  
moyenne, la Basilicate, le Molise et la Sardaigne enregistrant les  
chiffres les plus bas avec un enfant par femme environ). La baisse  
de la natalité s’est accompagnée d’une diminution de la mortalité,  
entraînant un net accroissement de l’espérance de vie à la  
naissance, de 66,5 ans en 1950-1955 à 83,26 en 2015-2020, un  
chiffre parmi les plus élevés au monde, après le Japon (84,0 ans),  
la Suisse (83,56) et l’Espagne (83,36).  
(
population en âge de travailler rapportée à la population totale),  
après avoir sensiblement contribué à la croissance au cours des  
années 1980, est devenu insignifiant depuis le début des années  
1
990.  
Un défi démographique de taille  
Selon des statistiques récentes de l’Istat, l’Italie va connaître une  
réduction progressive des cohortes de personnes en âge de  
procréer (14-50 ans) dans les prochaines années et une  
augmentation des cohortes de personnes âgées (plus de 65 ans).  
Cela devrait se traduire par un allongement de l’espérance de vie à  
la naissance, à 86,1 ans pour les hommes et à 90,2 ans pour les  
femmes à horizon 2065. La population devrait rester stable à  
l’horizon 2025, mais elle connaîtra un repli notable en 2045. Elle  
devrait alors s’établir à 59 millions d’habitants, un repli qui pourrait  
se confirmer en 2065 avec une nouvelle baisse de 4,5 millions  
d’habitants (à 54,1 millions).  
… et vieillit  
L’allongement de l’espérance de vie a, à son tour, entraîné un  
accroissement significatif de la proportion des personnes âgées :  
les plus de 65 ans, en particulier, représentent 22,8 % de la  
population italienne totale en 2019, contre 8,1 % à peine en 1950.  
Sur la même période, la tranche d’âge de 0 à 14 ans s’est repliée  
de 26,7 % à 13,2 %. Selon des estimations de l’Istat et de la  
Banque d’Italie, le taux de dépendance des personnes âgées (soit  
le rapport entre les plus de 65 ans et la population de 20 à 64 ans) a  
crû de 14,3 % en 1950 à 37,8 % en 2015 (dernière année  
disponible pour les comparaisons internationales), soit la valeur la  
plus élevée au monde après le Japon (46,2 %). Sur la même  
période, la part de la population en âge de travailler par rapport à la  
population totale, après avoir atteint le taux maximum de 70 % au  
début des années 1980, a commencé à se replier et, selon les  
dernières prévisions, elle atteindre un plus bas de 52,3 % en 2050.  
En 2025, la population italienne en âge de travailler devrait reculer à  
6
3,2 % de la population totale, contre 64 % en 2019. On s’attend à  
une chute notable dans le deuxième segment des prévisions (de  
025 à 2045), à l’issue duquel les personnes en âge de travailler  
2
devraient représenter un peu plus de la moitié de la population  
totale (54,5 %) ; l’âge moyen de la population serait alors de 50 ans.  
En 2045, un Italien sur trois environ aura plus de 65 ans.  
La démographie a eu un impact négatif sur la croissance  
économique italienne au cours des 25 dernières années. C’est ce  
qui ressort de l’analyse du revenu par habitant au regard de trois  
facteurs : la production par personne ayant un emploi, le taux  
d’emploi et le rapport entre la population en âge de travailler et la  
population totale. Selon une estimation basée sur une série longue  
Paolo Ciocca  
paolo.ciocca@bnlmail.com  
(
de 1861 à 2016), le facteur qui a le plus contribué à la croissance  
du revenu par habitant a été la productivité, en particulier au cours  
des années 1950 et 1960. La contribution de cette variable est  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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