Perspectives

La croissance continue de ralentir

EcoPerspectives // 1er trimestre 2020  
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economic-research.bnpparibas.com  
Suède  
La croissance continue de ralentir  
La croissance du PIB a nettement ralenti en 2019, une tendance qui devrait se confirmer en 2020. L’incertitude entourant le climat des  
affaires et les échanges internationaux pèse, notamment, sur les exportations et l’investissement. Inscrite sur une pente faible, la  
consommation ne devrait pas permettre de redynamiser la croissance suédoise. Malgré cette conjoncture, la proximité du taux  
d’inflation avec la cible de 2% a incité la Riksbank à remonter son taux directeur, de -0,25% à 0%. La politique monétaire reste,  
toutefois, accommodante.  
Après s’être établi à 2,4% en 2018, le taux de croissance de  
1- Croissance et inflation  
l’économie suédoise est tombé à 1,4% en 2019, son niveau le plus  
bas depuis 2013. La faiblesse de la demande et l’incertitude pesant  
sur les exportations et le climat des affaires ne laissent pas  
présager d’accélération en 2020, notre prévision de croissance  
s’établissant à 1,2%.  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
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.7  
2.3  
Climat des affaires dégradé  
2.0  
1
.9  
1.8  
1.8  
1.8  
1
.4  
1
.2  
1.2  
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L’économie suédoise étant très ouverte (45,6% du PIB est exporté),  
elle est sensible aux fluctuations du commerce international. En  
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020, elle devrait pâtir de la faiblesse des échanges, notamment  
avec l’Union européenne (58,3% des exportations). Le risque de  
Brexit, auquel la Suède est particulièrement exposée , a notamment  
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Sources : comptes nationaux, OCDE  
pesé sur les perspectives de débouchés en 2019. En fin d’année,  
les indices PMI (46,3 en moyenne au dernier trimestre de 2019)  
ainsi que l’investissement des entreprises s’inscrivaient en recul.  
Même si la signature d’un accord de retrait entre l’UE et le  
Royaume-Uni (cf. Ecoflash du 20/12/2019) devrait apaiser les  
inquiétudes des chefs d’entreprise, le risque d’une sortie sans  
accord commercial en janvier 2021 pourrait maintenir le degré  
d’incertitude à un niveau élevé. Dans ce contexte, les  
investissements en machines et biens d’équipement devraient  
continuer de reculer en 2020.  
Le taux d’inflation, de 1,8% en novembre, se rapproche de la cible  
de 2% de la Riksbank. Au-delà des fluctuations induites par le prix  
du pétrole, l’inflation dite « sous-jacente » (hors alimentation et  
énergie) a eu tendance à accélérer, notamment en raison de la  
hausse des loyers.  
Le 19 décembre 2019, la Riksbank a ainsi décidé de remonter son  
taux d’intérêt directeur de -0,25% à 0%. Elle considère par ailleurs  
que l’application de taux d’intérêt négatifs peut avoir, sur le long  
terme, des conséquences induites négatives. Avec un taux de repo  
nul, la politique monétaire demeure toutefois expansionniste,  
Après avoir chuté de 8% en 2019, l’investissement résidentiel  
pourrait en revanche se stabiliser à un point bas , du fait de la  
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résorption de l’excès de stock de logements disponibles à la vente.  
Alors que le ratio d’endettement public a beaucoup reculé ces  
dernières années (il atteint 34,6% en 2019, contre 45% du PIB en  
La consommation privée reste inscrite sur une pente faible. Elle n’a  
progressé que de 1% en 2019 contre 1,6% en 2018. Malgré les  
baisses d’impôts mises en place par le gouvernement, la confiance  
des consommateurs est affectée par la remontée du taux de  
chômage, passé de 5,8% en novembre 2018 à 6,8% en novembre  
2014) et que les comptes budgétaires affichent des excédents  
récurrents, la politique gouvernementale consistera à soutenir  
l’activité à hauteur de 0,5% du PIB en 2020. En l’occurrence, seront  
mises en place des mesures d’incitation à l’investissement  
(
notamment dans la transition énergétique) et des baisses  
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019. Au premier trimestre 2020, la progression des salaires restera,  
supplémentaires d’impôts à destination des ménages. Une partie  
conséquente du budget sera également allouée à la santé,  
l’éducation et l’employabilité.  
par ailleurs, très modérée.  
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Selon l’Insee (Evaluer l’impact du Brexit sur l’activité des partenaires du  
Royaume-Uni : le canal des échanges commerciaux), la Suède serait le  
septième pays pour lequel la perte de valeur ajoutée serait la plus élevée en  
raison du Brexit. Le PIB suédois baisserait ainsi de 0,6% dans le cas d’un hard  
Brexit et de 0,3% dans le cas d’un soft Brexit.  
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Il devrait atteindre son plus bas niveau en 2020 en s’inscrivant sous la barre  
des 200 milliards de couronnes suédoises, seuil qui n’avait pas été atteint  
depuis 2015 (198 milliards). Par la suite, un rebond est possible.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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