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EcoPerspectives // 1 trimestre 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
Pays-Bas  
Le défi des retraites et du changement climatique  
L’activité pourrait avoir nettement ralenti au T4 2019, en raison du fléchissement du commerce mondial et du durcissement de  
certaines normes (émissions d’azote, composés perfluorés). La politique budgétaire devrait devenir très accommodante, même si on  
peut s’interroger sur la capacité du gouvernement à mettre en œuvre tous les plans de dépenses. La croissance pourrait se replier  
cette année, avant de rebondir en 2021 à la faveur du redressement de l’économie mondiale. Cependant, les enjeux climatiques et les  
pénuries de main-d’œuvre continuent de peser sur l’activité, en particulier dans la construction. De plus, les retraités pourraient être  
confrontés à une nette réduction des prestations, suite à la détérioration de la situation financière des fonds de pension.  
1- Croissance et inflation  
Forte baisse de l’activité au quatrième trimestre  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
L’indicateur conjoncturel du Bureau central de la statistique s’inscrit  
en retrait depuis le mois de juillet 2018, une évolution qui ne  
transparaissait pas, jusqu’à une date récente, dans les données  
d’activité. La croissance économique a, en effet, assez bien résisté.  
Au troisième trimestre, elle est ressortie à 0,4 %, un niveau  
quasiment inchangé depuis la mi-2018.  
Prévision  
Prévision  
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,2  
Cependant, les premiers statistiques montrent que l’activité a  
nettement marqué le pas au quatrième trimestre. En novembre, la  
production industrielle a enregistré un repli de 1,1 % par rapport au  
mois précédent, en partie imputable au ralentissement du  
commerce mondial. De plus, l’activité dans le secteur de la  
construction a été fortement impactée par la crise relative aux  
émissions d’azote. En effet, selon une décision de la Cour suprême,  
les règles concernant l’octroi de permis pour les activités agricoles  
et celles du BTP, qui émettent d’importantes quantités d’azote,  
violent les lois européennes. Le secteur du bâtiment a, en outre, été  
affecté par le durcissement des normes sur les composés  
perfluorés (PFC). Les principales répercussions de ces problèmes  
sur l’activité sont attendues pour 2020 et 2021.  
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Sources : comptes nationaux, BNP Paribas  
dont la décision récente de la Cour suprême a aggravé la  
complexité.  
Lors de la présentation du budget, le gouvernement a également  
annoncé la création d’un fonds d’investissement afin de bénéficier  
des taux d’intérêt négatifs. Selon la plupart des hypothèses, ce  
fonds pourrait générer EUR 50 mds de projets d’investissement,  
financés en grande partie par des investisseurs institutionnels.  
De plus, les données relatives au marché du travail indiquent aussi  
un ralentissement de l’activité. Le taux de chômage a cessé de  
baisser depuis août, mais comme il s’inscrit à 3,5 % le marché du  
travail reste exceptionnellement tendu. Conséquence, les salaires  
négociés ont augmenté de 2,9 % en 2019, un plus haut depuis une  
décennie. L’effet sur les prix à la consommation est resté limité. En  
Des perspectives incertaines  
La croissance du PIB devrait reculer à 1,2 % cette année, sous  
l’effet conjugué de l’essoufflement de la croissance du commerce  
mondial et de l’important retard des projets de construction liés aux  
problèmes des émissions d’azote et aux normes sur les PFC. Dans  
l’hypothèse d’un Brexit avec accord et de l’apaisement des tensions  
commerciales internationales, la croissance économique pourrait  
s’accélérer à 1,5 % l’année prochaine. L’inflation devrait reculer à  
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019, l’inflation a grimpé à 2,7 %, contre 1,6 % un an plus tôt, mais  
cette hausse était due à une augmentation de trois points du taux  
réduit de la TVA.  
Les projets d’investissement prennent du retard  
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,6 % en 2020 et progresser légèrement en 2021, avec la  
répercussion de l’augmentation des coûts de main-d’œuvre sur les  
prix à la consommation. Les risques entourant les prévisions sont  
néanmoins nombreux. L’un des plus importants au plan national  
réside dans l’environnement de taux d’intérêt extrêmement bas, qui  
a affaibli la situation financière des fonds de pension. Certains  
d’entre eux pourraient être contraints d’abaisser le montant des  
prestations versées. Cette évolution des taux affectera également  
les droits à pension des futures générations.  
La politique budgétaire devrait être plus accommodante en 2020.  
Au regard du budget, les dépenses publiques augmenteront à  
hauteur de 0,6 % du PIB, principalement en raison de la mise en  
œuvre d’accords sur le changement climatique et les pensions. Le  
budget prévoit, en outre, des réductions d’impôts, en particulier,  
pour les ménages. Les finances publiques devraient rester  
excédentaires, mais il faut s’attendre à une détérioration du solde  
budgétaire structurel de l’ordre de 0,7 % du PIB. Cependant, il reste  
à savoir si le gouvernement parviendra à augmenter les dépenses  
d’infrastructures. Les projets d’investissement ont subi des retards,  
dus à un marché du travail tendu et à la longueur des procédures,  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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