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BCE : mesures ciblées et flexibilité des instruments

BCE : mesures ciblées et flexibilité des instruments  
Louis Boisset  
La BCE a annoncé un nouvel ensemble de mesures pour  
lutter contre les conséquences économiques de  
l’épidémie de Coronavirus.  
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L’assouplissement des conditions appliquées aux  
prêts à long terme à destination des banques de la  
zone euro (TLTRO III), les taux assortis pouvant  
désormais atteindre -0,75% (-25 pb par rapport au  
taux de facilité de dépôt). Ces opérations seront  
appliquées entre juin 2020 et juin 2021 ;  
Le Conseil des gouverneurs cherche à maximiser  
l’efficacité de son action et opte pour des mesures  
ciblées.  
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La mise en place, en combinaison avec le  
programme existant d’achats d’actifs (Quantitative  
easing), d’une enveloppe supplémentaire de  
EUR 120 mds d’ici la fin de l’année, spécifiquement  
pour répondre à la crise actuelle. Ce montant  
additionnel offre une certaine flexibilité, aucun  
montant mensuel arrêté n’ayant été annoncé. Plus  
important encore, cette enveloppe supplémentaire  
sera ciblée en particulier sur le secteur privé.  
Une attention est tout particulièrement portée sur le  
risque de durcissement des conditions monétaires et  
financières.  
Malgré des errements en termes de communication, la  
BCE affiche sa détermination et appelle les  
gouvernements à une action concertée.  
Ciblage des mesures et assouplissement des  
conditions de financement  
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Des opérations additionnelles de refinancement à  
plus long terme, temporaires et sur une base  
hebdomadaire, seront opérées jusqu’à fin juin 2020  
Face au choc économique lié à l’épidémie de Coronavirus, la  
Banque centrale européenne (BCE) prend acte des risques  
importants entourant le scénario macroéconomique en zone  
(date de la prochaine opération TLTRO III). La  
présidente de la BCE indiqué que, malgré  
a
l’absence de signe de tensions sur les liquidités, ces  
opérations constitueraient un garde-fou en cas de  
tout durcissement des conditions financières.  
euro. L’institution revoit  
à la baisse ses projections,  
notamment en 2020 où la croissance du PIB de la zone euro  
atteindrait 0,8% (contre une prévision de 1,1% en décembre  
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019). Compte tenu de la date limite de réalisation des  
Concernant l’absence de nouvelles baisses des taux d’intérêt  
de la Banque centrale européenne  pourtant anticipées par  
les marchés  Mme Lagarde a indiqué qu’elles auraient été  
moins efficaces que les mesures effectivement annoncées. Il  
est vrai que des mesures ciblées sont plus à même de  
répondre au choc actuel. Une baisse de taux n’a qu’un effet  
très limité dans le cas d’un choc exogène et de difficultés du  
côté de l’offre.  
projections, le scénario de la BCE n’intègre toutefois qu’une  
petite partie du choc, et l’activité pourrait être nettement  
moins dynamique .  
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Dans ce contexte, la BCE a décidé, de manière unanime, la  
mise en place de plusieurs mesures :  
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A ce titre, la BCE retient par exemple 56,4 USD/baril comme  
hypothèse technique pour le prix du pétrole en 2020. Or, compte  
tenu des tensions sur le marché du pétrole et du niveau de prix  
atteint aujourd’hui par le baril, celui-ci pourrait être nettement  
inférieur en moyenne cette année.  
EcoFlash //16 mars 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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Des interrogations subsistent  
Mme Lagarde a insisté sur le fait que la BCE utilisera toute la  
flexibilité que lui offre son programme de rachats d’actifs.  
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Ainsi, une déviation par rapport au issuer limits apparaît donc  
possible, mais la limite des 33% reste la règle à suivre. Une  
hausse de cette limite est pour le moment exclue.  
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Malgré des hésitations dans la communication et une  
réaction immédiate décevante des marchés, la BCE agit et  
semble prête à accroître son rôle pour défendre l’économie  
européenne dans cette crise.  
Une nouvelle fois, Christine Lagarde a appelé les Etats  
membres de la zone euro à agir de manière coordonnée et  
ambitieuse.  
Les dernières annonces des gouvernements semblent à ce  
titre aller dans le bon sens. Eviter la récession économique  
dépendra des interventions de politiques publiques, en  
particulier du côté de la politique budgétaire.  
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La BCE ne peut acheter plus de 33% d’une même ligne  
obligataire.  
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Mme Lagarde a indiqué que ce n’était pas le rôle de la BCE  
d’intervenir sur l’écartement des spreads souverains. Elle a toutefois  
corrigé ses propos immédiatement après la réunion.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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