EcoWeek

Combien d’hirondelles pour faire le printemps ?

Eco week 20-04 // 31 janvier 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
COMBIEN D’HIRONDELLES POUR FAIRE LE PRINTEMPS?  
Les données d’enquête récentes ont rebondi, en particulier dans le secteur manufacturier et en termes de com-  
mandes à l’exportation. La Commission européenne note une nette augmentation du sentiment économique en jan-  
vier dans l’Union européenne et la zone euro, ainsi qu’en Allemagne et en France, après une baisse sensible au T4.  
Aux États-Unis, les économistes prévoient une accélération de la croissance dans les prochains trimestres, mais la  
dispersion des prévisions est très large. Il faut donc s’attendre à ce que la prévision médiane inspire moins confiance  
qu’avec un niveau de divergence plus faible des prévisionnistes.  
L’économie mondiale va-t-elle connaître cette année un printemps pré- Unis, au quatrième trimestre, n’y changeront rien. À 2,1 %, la croissance  
coce ? Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, selon le dicton, annualisée en glissement trimestriel reste inchangée par rapport au  
mais les économistes divergent sur le nombre de données positives trimestre précédent mais les dépenses de consommation des particu-  
nécessaires pour conclure à un changement de saison.  
liers – pilier de la croissance ces dernières années – ont sensiblement  
ralenti, et ce, malgré un marché du travail tendu. Il convient également  
de noter que le FOMC juge à présent la croissance « modérée » contre  
De manière générale, les résultats des enquêtes récentes sont repartis  
à la hausse, en particulier dans le secteur manufacturier et pour les  
commandes à l’exportation. Dernièrement, les données pour la zone  
euro dépassent les prévisions après une baisse sensible au T4 2019,  
qui s’est traduite par une très faible croissance dans la zone (0,1%)  
«
forte » auparavant. Le FMI, dans ses projections mises à jour, reste  
également prudent car « peu de signes sont pour le moment visibles  
dans les données macroéconomiques globales ».  
et même une légère contraction en France (-0,1%). Pour janvier, la Au final, l’on observe une amélioration des données d’enquête. Encore  
Commission européenne fait état d’une nette amélioration du senti- faut-il à présent qu’elle se traduise par une progression des données  
ment dans l’Union européenne comme dans la zone euro. S’agissant de réelles comme celles sur l’activité ou les dépenses, ce qui contribue-  
cette dernière, cette embellie s’expliquerait en grande partie par des rait à soutenir la confiance et créerait une dynamique auto-entretenue.  
évolutions positives dans l’industrie et la construction, tandis que la Avec les perturbations liées à l’épidémie de coronavirus, il faudra s’ar-  
confiance reste stable dans les secteurs des ménages et des services. mer de patience avant d’en arriver là. .  
Par ailleurs, de fortes hausses du sentiment économique ont été enre-  
gistrées en Allemagne et en France. Les indices des directeurs d’achat  
William De Vijlder  
au Japon et au Royaume-Uni se sont, par ailleurs également redressés  
ÉTATS-UNIS : DISTRIBUTION DES PRÉVISIONS INDIVIDUELLES DU PIB RÉEL  
en janvier.  
(
GLISSEMENT ANNUEL, %)  
À en juger par les prévisions du consensus Bloomberg, les économistes  
estiment que la croissance en rythme annuel accélérera légèrement  
dans les prochains trimestres dans les pays de l’OCDE, ce qui cor-  
respond au profil de nos propres prévisions. Concrètement, aux États-  
Unis, la comparaison entre la distribution des prévisions individuelles  
de croissance du trimestre actuel et celle du quatrième trimestre, fait  
ressortir un déplacement vers la droite. La même observation vaut  
pour la zone euro. Par conséquent, la prévision de croissance médiane  
progresse de 1,6 % à 1,9 % aux États-Unis et de 0,9 % à 1,1 % dans la  
zone euro. Il convient de noter que, contrairement à la zone euro, l’ex-  
trémité gauche de la distribution des prévisions pour le quatrième tri-  
mestre aux États-Unis s’infléchit vers la gauche, en territoire de crois-  
sance négative. Une large dispersion reflète un désaccord considérable  
entre les prévisionnistes. Cela pourrait inciter les utilisateurs de ces  
prévisions – entreprises, ménages, etc. – à douter de la projection se-  
lon laquelle la conjoncture devrait s’améliorer : une prévision médiane  
inspire moins confiance, lorsque la dispersion est forte, que lorsqu’elle  
est faible. Les premières estimations de croissance du PIB aux États-  
Nombre de participants  
0
2
1
1
1
1
1
T1' 2020  
T4' 2020  
8
6
4
2
0
8
6
4
2
0
T1' 2020 T4' 2020  
Médiane  
Maximum  
Minimum  
1.6  
3.0  
0.5  
1.9  
2.8  
-1.4  
-
1.4 -1.0 -0.6 -0.2 0.2 0.6 1.0 1.4 1.8 2.2 2.6 3.0  
PIB réel, g.a., %  
SOURCES : BLOOMBERG, BNP PARIBAS  
L’amélioration des résultats des enquêtes conjoncturelles se poursuit  
et s’étend. Cependant, concernant les États-Unis, la forte dispersion  
des prévisions pour cette année traduit un niveau de désaccord  
considérable. Cela pourrait amener les entreprises à faire preuve  
d’attentisme avant de se décider à investir.  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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