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EcoPerspectives // 1 trimestre 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
Éditorial  
Vers un léger rebond de la croissance  
Au cours des derniers mois, les enquêtes de conjoncture se sont stabilisées dans l’industrie manufacturière tandis qu’une légère  
progression a été enregistrée dans les services. De plus, deux facteurs d’incertitude majeurs ont connu une évolution positive : un accord  
commercial a été signé entre les États-Unis et la Chine, et le Royaume-Uni et l’Union européenne peuvent, enfin, entamer des négociations  
sur l’avenir de leur relation. Le sentiment de marché est resté soutenu. Ajouté à l’orientation très accommodante de la politique monétaire  
des banques centrales, cela se traduit par un assouplissement des conditions financières et monétaires. Sous l’effet conjugué de ces trois  
facteurs, les conditions d’un léger rebond de la croissance semblent réunies. La prudence reste, néanmoins, de mise.  
Stabilisation des données d’enquête  
Indicateur composite avancé de l’OCDE  
Etats-Unis Japon zone euro  
Comme le montre le graphique, à l’exception du Japon, le rythme  
de baisse de l’indicateur composite avancé de l’OCDE marque le  
pas, ce qui pourrait suggérer un rebond ultérieur de la croissance le  
moment venu. Les récentes données d’enquêtes ont également  
redonné espoir. Les indices des directeurs d’achats (PMI) de  
l’industrie manufacturière se sont stabilisés à l’échelle mondiale.  
Certains pays ont enregistré une légère augmentation par rapport  
aux plus bas enregistrés au cours de l’été et de l’automne 2019  
5 Grands d’Asie*  
*Chine, Inde, Indonésie, Japon, Corée  
102  
101  
100  
(
zone euro, Allemagne, Chine), même si les niveaux restent faibles.  
Les indices PMI des services affichent un léger mieux et l’effet de  
contagion tant redouté du ralentissement de l’industrie  
manufacturière a été, dans une large mesure, évité. En outre,  
l’évaluation des commandes à l’exportation s’est également  
améliorée, malgré le niveau qui reste bas.  
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010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020  
Sources : OCDE, BNP Paribas  
Conditions financières et monétaires accommodantes  
Uni, la large victoire de Boris Johnson, à l’issue des élections du  
mois de décembre, a ouvert la voie à une négociation avec l’UE sur  
la future relation, dissipant les craintes d’un Brexit sans accord. Par  
ailleurs, la signature d’un accord commercial entre Washington et  
Pékin a permis d’éviter une nouvelle escalade de la guerre  
commerciale. De plus, les marchés ont réagi plutôt calmement à la  
montée des tensions entre l’Iran et les États-Unis au début de  
l’année. Pour eux, le risque d’une escalade majeure est très faible.  
Cependant, un retour de l’incertitude n’est pas exclu d’ici quelques  
mois. Concernant les négociations entre le Royaume-Uni et l’UE, le  
temps va manquer, d’ici à la fin de l’année, pour conclure un accord  
complet. À cela s’ajoutent les déclarations récentes du chancelier  
de l’Échiquier britannique sur l’intention du Royaume-Uni de fixer  
ses propres règles et règlements, qui laissent augurer d’âpres  
négociations. Concernant l’accord commercial entre les États-Unis  
et la Chine, il offre, à y regarder de plus près, peu de raisons de se  
réjouir. C’est l’exemple même d’un accord commercial aménagé au  
niveau bilatéral, qui se solde par une réorientation des échanges  
commerciaux au détriment des pays tiers et le maintien de  
l’essentiel des relèvements de droits de douane, introduits des deux  
côtés depuis le début de 2018. Enfin, et il convient de le souligner, il  
s’agit seulement d’un accord de phase «1». Les négociations de la  
phase «2» pourraient très bien être encore plus difficiles de sorte  
que les menaces réciproques de sanctions commerciales pourraient  
finir par faire de nouveau les gros titres.  
La Réserve fédérale et la BCE ont accompagné leurs décisions  
d’assouplissement monétaire de 2019 d’un message (implicite)  
selon lequel les taux directeurs demeureront à un niveau très bas  
pendant un certain temps. Même si la politique de la Fed dépend  
des données économiques, la barre pour envisager un  
resserrement semble avoir été placée haut et l’accélération  
nécessaire de l’inflation pour faire pencher la balance est très  
improbable dans un futur proche. À en juger par la déclaration de  
Christine Lagarde selon laquelle la projection du staff de la BCE  
dune inflation à 1,6 % en 2022 ne correspondrait pas à l’objectif  
visé par la BCE, il ne faut s’attendre à aucun relèvement des taux  
avant la fin de 2022, sauf sous-estimation de la dynamique  
d’inflation. Il faudrait pour cela une accélération significative de la  
croissance de l’activité et des salaires, ce qui ne semble pas être à  
l’ordre du jour. Cet environnement monétaire très accommodant  
continue de soutenir l’appétit des investisseurs pour le risque,  
d’autant plus que l’incertitude décroît comme nous l’expliquons ci-  
dessous. Image inversée du rally consécutif des actions, les  
rendements des emprunts d’État ont augmenté, indiquant que, pour  
les investisseurs, les risques relatifs aux perspectives économiques  
sont, désormais, un peu moins élevés. Dans l’ensemble, les  
conditions financières et monétaires se sont assouplies, ce qui,  
toutes choses égales par ailleurs, devrait contribuer à soutenir la  
croissance.  
L’incertitude a diminué, pour le moment  
Deux facteurs majeurs, à l’origine d’une longue période d’incertitude,  
ont connu, récemment, une évolution positive. Ainsi, au Royaume-  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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